La gigafactory française de batteries électriques peut-elle encore fonctionner ?
Créée en 2020 avec une ambition claire — doter l’Europe d’une filière de fabrication de batteries pour voitures électriques indépendante […]
Sommaire
Le géant de la voiture électrique traverse une période tumultueuse. Entre l’implication politique grandissante d’Elon Musk et les résultats financiers en berne, Tesla fait face à une crise de gouvernance sans précédent. Selon un rapport du Wall Street Journal, le conseil d’administration aurait secrètement lancé des recherches pour remplacer son emblématique PDG, une information aussitôt démentie avec véhémence par l’entreprise et Musk lui-même.
Les signaux d’alarme clignotent chez Tesla. Tandis qu’Elon Musk consacrait une part croissante de son temps à Washington, l’entreprise a vu ses revenus s’effondrer de manière spectaculaire : une baisse de 71% sur un an. Cette dégringolade sans précédent s’accompagne d’un déclin des ventes et d’une détérioration de l’image de marque auprès du public. L’aura d’innovation et de disruption qui entourait Tesla semble s’être ternie.
Face à cette situation critique, des voix se sont élevées pour demander au conseil d’administration d’assumer ses responsabilités. Des responsables gouvernementaux ont même publiquement exhorté les administrateurs à “faire leur travail” et à reprendre le contrôle de leur entreprise pendant que Musk s’aventurait en politique à plus de 2 500 kilomètres du siège de Tesla.
Selon l’enquête du Wall Street Journal, le conseil d’administration aurait pris une décision radicale il y a environ un mois. Alors que l’action Tesla continuait de chuter et que les investisseurs s’impatientaient de voir leur PDG plus préoccupé par la Maison Blanche que par l’avenir de l’entreprise, les administrateurs auraient contacté plusieurs cabinets de recrutement spécialisés dans la recherche de dirigeants de haut niveau.
La démarche aurait été menée dans la plus grande discrétion. Ces cabinets, véritables “chasseurs de têtes”, ont pour mission de dénicher les talents exécutifs les plus brillants à travers le monde. Remplacer Elon Musk représente un défi colossal malgré les controverses qui l’entourent – ses chaussures restent “difficiles à remplir” comme le soulignent plusieurs observateurs du secteur.
It is an EXTREMELY BAD BREACH OF ETHICS that the @WSJ would publish a DELIBERATELY FALSE ARTICLE and fail to include an unequivocal denial beforehand by the Tesla board of directors! https://t.co/9xdypLGg3c
— Elon Musk (@elonmusk) May 1, 2025
Lors d’une réunion cruciale avec le conseil d’administration, Musk aurait été confronté à un message sans équivoque : il devait consacrer plus de temps à Tesla et l’annoncer publiquement. Fait surprenant, le milliardaire n’aurait pas contesté cette demande.
Cette conversation semble avoir porté ses fruits puisque lors de la dernière présentation des résultats trimestriels, Musk a déclaré qu’il prévoyait d’accroître significativement sa présence chez Tesla :
Cet engagement est-il intervenu trop tardivement ? Le processus de recherche avait déjà été lancé avec un cabinet de recrutement de premier plan, selon les sources du Wall Street Journal. L’annonce de Musk de revenir aux commandes de Tesla a néanmoins été bien accueillie par les investisseurs, qui espèrent un recentrage de l’attention du PDG sur les défis auxquels fait face le constructeur.
Suite à la publication du rapport, Tesla a immédiatement contre-attaqué. Dans un message posté sur X (anciennement Twitter) peu avant 2 heures du matin, heure de la côte Est américaine, l’entreprise a fermement démenti ces allégations. La présidente du conseil d’administration, Robyn Denholm, a qualifié l’information d'”absolument fausse” et affirmé que ce démenti avait été communiqué au Wall Street Journal avant même la publication de l’article.
Elon Musk a personnellement dénoncé un “manquement extrêmement grave à l’éthique” de la part du journal, insistant sur le fait que le conseil d’administration avait fourni un “démenti sans équivoque” avant la parution.
Ces démentis catégoriques doivent cependant être mis en perspective avec l’historique de Tesla en matière de communication. L’entreprise a plusieurs fois nié des informations qui se sont avérées exactes par la suite. Par exemple, lorsque Reuters a rapporté l’abandon du projet de voiture électrique à 25 000 dollars, Musk a accusé le média de mentir, avant de reconnaître plus tard que Tesla ne produirait pas de véhicule à ce prix s’il ne s’agissait pas d’un robotaxi.
Plusieurs événements récents alimentent les spéculations sur des turbulences au sein de la direction de Tesla. Le départ de Vineet Mehta, responsable de l’architecture des batteries depuis 17 ans et considéré comme un successeur potentiel de Musk, soulève des questions. Mehta avait rejoint Tesla en 2007, avant même le lancement de la première Roadster.
Plus troublant encore, Robyn Denholm, la présidente du conseil d’administration qui a démenti l’existence d’une recherche de PDG, a récemment liquidé la majorité de ses actions Tesla. Au cours de la dernière décennie, elle aurait empoché plus de 600 millions de dollars en compensation sous forme d’actions. Cette vente massive intervient alors même qu’Elon Musk conseille régulièrement aux employés de Tesla de conserver leurs actions.
Pour les investisseurs, voir la personne chargée de la supervision de l’entreprise se désengager financièrement juste avant l’annonce du départ d’un cadre de haut niveau constitue un signal préoccupant. L’ambiance générale chez Tesla semble tendue, et l’avenir de la gouvernance du pionnier des voitures électriques reste incertain malgré les démentis officiels.
Réagissez à l'article