Tesla corrige enfin ce problème agaçant que tous les propriétaires connaissent
Si vous possédez une Tesla, vous connaissez probablement cette frustration : vos essuie-glaces qui s’activent brusquement en plein soleil à […]
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Tesla vient d’annoncer que le premier exemplaire de production du Cybercab est sorti des chaînes de la Gigafactory Texas. Ce véhicule ne dispose ni de volant ni de pédales. Il dépend entièrement d’un logiciel de conduite autonome que l’entreprise n’a manifestement pas encore maîtrisé, si l’on se fie aux données disponibles. La production en série ne devrait débuter qu’en avril 2026, mais cette première unité marque un tournant risqué dans l’histoire de Tesla.
Cette annonce intervient au lendemain de la publication d’un bilan du programme “Robotaxi” de Tesla à Austin, qui révèle des performances pour le moins préoccupantes. La flotte de voitures électriques autonomes enregistre des accidents à un rythme près de quatre fois supérieur à celui des conducteurs humains, affiche une disponibilité de seulement 19% et ne compte qu’une quarantaine de véhicules en circulation, huit mois après son lancement.
Le programme robotaxi de Tesla à Austin utilise des Model Y équipées de la même technologie de conduite autonome que celle prévue pour le Cybercab. Ces véhicules ont accumulé environ 14 accidents sur une distance estimée à 1,3 million de kilomètres, soit un accident tous les 92 000 kilomètres. Tesla affirme que les conducteurs humains ont un accident tous les 368 000 kilomètres en moyenne. Le ratio est sans appel : la flotte autonome de Tesla crashe près de quatre fois plus souvent, et pratiquement tous ces kilomètres ont été parcourus avec un superviseur de sécurité à bord.
Sur une période de surveillance de 48 heures, le service d’Austin n’était disponible que 19% du temps d’exploitation. Huit mois après son lancement, Tesla n’opère que dans deux villes, Austin et San Francisco, avec environ 200 véhicules au total. La majorité de ces véhicules se trouve à San Francisco, avec des conducteurs au volant, malgré les affirmations d’Elon Musk lors de la conférence sur les résultats du quatrième trimestre 2025, où il évoquait “bien plus de 500” véhicules.
Le point le plus révélateur concerne les trajets prétendument “non supervisés”. Des vidéos ont montré que les véhicules étaient suivis de près par des Tesla noires avec des superviseurs de sécurité à l’intérieur. Tesla n’a pas retiré les superviseurs, elle les a simplement déplacés dans un autre véhicule. Un utilisateur enthousiaste a effectué 58 trajets en une semaine avant d’obtenir enfin un seul trajet véritablement non supervisé. Ces trajets autonomes ont complètement disparu une semaine après l’annonce précédant la publication des résultats financiers.
En janvier, Musk a admis que Tesla avait besoin d’environ 16 milliards de kilomètres de données pour atteindre une “conduite autonome sûre et non supervisée”. Sur la base de la croissance actuelle de la flotte et des taux d’utilisation du FSD (Full Self-Driving), Tesla devrait franchir ce cap aux alentours de juillet 2026. La collecte de données n’est que la première étape. L’entreprise doit encore procéder à d’énormes sessions d’entraînement, à des tests de validation et au débogage de millions de cas limites. Le logiciel ne sera probablement pas prêt avant un an supplémentaire après ce jalon.
Tesla a par ailleurs repoussé son processeur de nouvelle génération AI5 à la mi-2027. Le Cybercab sera donc lancé avec le matériel de génération actuelle AI4. Le premier exemplaire de production d’un véhicule qui dépend entièrement de ce logiciel non résolu vient de sortir de la chaîne de montage.
Tesla a un historique bien documenté de suppression de fonctionnalités au nom d’un avenir autonome qui n’était pas prêt, avant de revenir discrètement sur ces décisions. Voici quelques exemples marquants :
Chacun de ces revirements a impliqué un pari matériel de Tesla sur un avenir autonome qui n’était pas prêt. Avec le Cybercab, Tesla fait la version la plus extrême de ce pari, et cette fois, aucun kit de conversion ne pourra le corriger.
Le Cybercab est un véhicule biplace avec des portes papillon, sans volant et sans pédales. Il dispose d’une batterie de 35 kWh offrant une autonomie de 320 kilomètres et d’une recharge par induction. Musk a décrit son processus de fabrication comme plus proche de l’électronique grand public que de la construction automobile traditionnelle, avec un temps de cycle cible d’une unité toutes les 10 secondes.
Le véhicule est conçu pour coûter moins de 30 000 dollars et fonctionner exclusivement comme taxi autonome. Il n’existe aucune solution de repli. Si le logiciel ne fonctionne pas, le véhicule ne peut littéralement pas être conduit. La présidente du conseil d’administration de Tesla, Robyn Denholm, a suggéré que le Cybercab pourrait nécessiter un volant après tout, mais Musk a rapidement écarté cette idée. Des prototypes de Cybercab ont été aperçus en test avec des volants à Austin fin 2025.
Tesla n’a pas encore sécurisé la marque “Cybercab”. L’entreprise vient de recevoir une extension de 30 jours pour s’opposer à une demande d’un squatteur de marque, repoussant la date limite au 14 mars, moins d’un mois avant la date de production annoncée. Même le nom du véhicule n’est pas définitif.
Tesla promet depuis près d’une décennie la conduite autonome. Musk avait promis un trajet autonome d’un bout à l’autre des États-Unis en 2017. Il avait promis un million de robotaxis sur les routes d’ici 2020. Il a promis que le “Full Self-Driving” serait résolu “l’année prochaine” pratiquement chaque année depuis. Avec son propre aveu que Tesla a besoin de 16 milliards de kilomètres de données, avec un taux d’accidents quatre fois pire que celui des conducteurs humains, et avec des trajets “non supervisés” qui nécessitaient des voitures de sécurité qui les suivaient, il donne le feu vert à la production d’un véhicule qui mise tout sur une technologie prête.
| Caractéristique | Spécification |
|---|---|
| Nombre de places | 2 passagers |
| Capacité de la batterie | 35 kWh |
| Autonomie | 320 km |
| Type de recharge | Induction |
| Prix cible | Moins de 30 000 dollars |
| Temps de cycle de production | Une unité toutes les 10 secondes |
| Contrôles manuels | Aucun (ni volant, ni pédales) |
Cette décision de lancer la production représente l’un des paris produits les plus audacieux de l’histoire automobile. Tesla ne se contente plus de parler de construire un véhicule qui ne peut pas fonctionner sans un logiciel qui n’existe pas encore sous forme aboutie, elle le fait réellement. La différence avec les revirements précédents est cruciale : quand Tesla a supprimé la commande de clignotants trop tôt, elle pouvait vendre un kit de conversion à 595 dollars. Quand elle construira des milliers de véhicules sans volant et que le logiciel ne fonctionnera pas, il n’y aura pas de kit de conversion possible. Le Cybercab deviendra alors un presse-papier roulant de 30 000 dollars, inutilisable sans la conduite autonome promise mais non délivrée.
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