Tesla FSD en Europe : les propriétaires d’anciennes Tesla réclament leur dû
Le déploiement tant attendu du système Full Self-Driving de Tesla en Europe prend une tournure délicate. Les propriétaires de véhicules […]
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Vous attendiez avec impatience le feu vert du régulateur néerlandais pour le Full Self-Driving de Tesla en Europe ? Il va falloir patienter un peu plus. La branche européenne du constructeur américain vient d’annoncer avoir terminé tous les essais nécessaires aux Pays-Bas, mais la date d’approbation initialement prévue pour le 20 mars 2026 glisse désormais au 10 avril. Quant à une validation à l’échelle de l’Union européenne, elle n’est plus attendue avant l’été. Voilà qui risque de refroidir les propriétaires de Model 3 et Model Y qui espéraient profiter rapidement de cette fonction d’assistance à la conduite avancée.
Tesla Europe a publié sur X que la “phase finale des essais véhicules” avec l’autorité routière néerlandaise RDW était officiellement terminée. Le constructeur affirme avoir soumis l’ensemble de la documentation nécessaire pour obtenir l’approbation selon la norme UN R-171 et les exemptions de l’Article 39. Les chiffres avancés par Tesla pour appuyer son dossier sont impressionnants : plus de 1,6 million de kilomètres parcourus en mode FSD sur les routes européennes, plus de 13 000 trajets avec des clients à bord, plus de 4 500 scénarios de test en circuit fermé, et des milliers de pages de documentation couvrant plus de 400 exigences réglementaires.
Reste que le RDW examine encore l’ensemble du dossier en interne. L’organisme a communiqué à Tesla une nouvelle date butoir au 10 avril, repoussant ainsi de trois semaines l’échéance que le PDG Elon Musk avait annoncée pour mars. Il faut rappeler que lorsque Musk avait clamé que le RDW donnerait son accord en mars, le régulateur néerlandais avait dû rectifier publiquement, précisant qu’aucune approbation n’était garantie. Une fois l’accord néerlandais obtenu – si tant est qu’il arrive – les autres pays membres de l’UE pourraient reconnaître cette homologation sur leur territoire grâce aux règles de reconnaissance mutuelle. Tesla évoque une “possible approbation à l’échelle européenne durant l’été”, formulation prudente qui laisse planer le doute.
Les propriétaires de Tesla en Europe connaissent bien cette chanson. Elon Musk avait promis le lancement du FSD sur le Vieux Continent dès l’été 2022. Raté. Fin 2024, Tesla annonçait une approbation début 2025. Raté encore. Lors du Forum économique mondial de Davos en janvier dernier, Musk a déclaré que le FSD pourrait être validé en Europe et en Chine dès février 2026. Le gouvernement chinois a démenti dans les 24 heures. Et nous voilà aujourd’hui, le jour prévu pour l’approbation européenne, avec trois semaines supplémentaires de délai annoncées.
Les régulateurs ne se contentent pas d’apposer leur tampon sur les demandes de Tesla. Lorsque le constructeur a annoncé fin 2025 le calendrier néerlandais, le RDW avait déjà contredit la présentation de Tesla, expliquant qu’il avait simplement établi un programme permettant au fabricant de démontrer que le FSD respecte les normes requises, sans aucun engagement formel d’approbation. Cette clarification se confirme aujourd’hui avec ce nouveau report.
L’annonce intervient alors que le programme FSD fait face à un examen accru outre-Atlantique. La veille, la NHTSA (l’agence américaine de sécurité routière) a fait passer son enquête sur les accidents impliquant le FSD au stade d'”Engineering Analysis”, couvrant 3,2 millions de véhicules. Cette étape précède généralement un rappel massif. L’enquête porte notamment sur l’incapacité du système à détecter une visibilité caméra altérée dans des conditions comme l’éblouissement solaire, le brouillard ou la poussière.
Tesla a révélé en janvier compter 1,1 million d’utilisateurs du FSD, mais ce chiffre inclut les personnes ayant acheté le forfait il y a plusieurs années. Le taux d’adoption réel se situe autour de 12 % de l’ensemble des Tesla jamais vendues. Voici quelques éléments qui mettent en perspective ces chiffres :
Elon Musk compte sur le FSD pour redresser la situation de Tesla sur le marché européen, où la marque traverse une passe difficile. Les immatriculations ont chuté de 27,8 % en 2025, et la tendance se poursuit en 2026. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Tesla perd du terrain face à des concurrents proposant des modèles plus récents, des tarifs plus compétitifs, et surtout des dirigeants qui ne s’aliènent pas activement leur clientèle cible.
Le système d’aide à la conduite pourra certainement enrichir l’offre de Tesla en Europe, mais difficile d’imaginer qu’il inverse à lui seul une tendance de fond. Si le taux d’adoption plafonne aux alentours de 12 % en Amérique du Nord – marché où le FSD est disponible depuis des années -, pourquoi en serait-il différemment en Europe ? D’autant que les conducteurs européens se montrent généralement plus prudents vis-à-vis des technologies d’assistance à la conduite automatisée, et que le réseau routier européen présente des spécificités que les routes américaines n’ont pas.
| Région | Disponibilité FSD | Taux d’adoption | Contexte réglementaire |
|---|---|---|---|
| Amérique du Nord | Depuis plusieurs années | ~12% | Permissif |
| Europe | Attendu avril-été 2026 | Inconnu | Strict |
| Chine | Non approuvé | N/A | Strict |
La vraie question n’est pas tant de savoir si le FSD finira par obtenir son homologation européenne – cela arrivera probablement sous une forme ou une autre. Le véritable enjeu porte sur l’impact réel de cette fonction face à une érosion de l’image de marque et un catalogue vieillissant. Le déclin des ventes de Tesla en Europe a peu à voir avec l’absence d’un système d’assistance à la conduite avancé. Il reflète plutôt un désenchantement plus large envers la marque, aggravé par les sorties médiatiques controversées de son PDG et l’arrivée de véhicules électriques concurrents plus modernes.
Les propriétaires actuels et potentiels de voitures électriques en Europe regardent désormais au-delà du seul badge Tesla. Les constructeurs établis ont rattrapé leur retard technologique, proposent des garanties batterie compétitives, et offrent une expérience client souvent jugée supérieure. Dans ce contexte, le FSD représente un atout supplémentaire, pas une baguette magique capable de ressusciter à elle seule l’attractivité de la marque. Rendez-vous donc mi-avril pour voir si cette fois, la date sera respectée, mais ne misez pas toute votre recharge là-dessus.
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