Nissan cherche désespérément un partenaire pour sauver ses voitures électriques
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Le marché automobile européen s’apprête à accueillir une nouvelle vague de véhicules électriques chinois, mais cette fois-ci avec une stratégie différente. Les constructeurs Xpeng et GAC, conscients des barrières douanières imposées par l’Union européenne, ont trouvé une parade astucieuse : assembler leurs véhicules directement sur le sol européen. Une manœuvre qui soulève de nombreuses questions sur l’avenir de la concurrence dans le secteur.
Face à des droits de douane pouvant atteindre 45,3 % sur les véhicules électriques importés de Chine, les constructeurs asiatiques ont dû repenser leur approche du marché européen. Xpeng, déjà présent en France depuis 2024 avec ses modèles G6 et G9, a choisi de s’associer avec l’entreprise autrichienne Magna Steyr, spécialiste de l’assemblage automobile pour des marques tierces.
Cette collaboration prévoit l’envoi de véhicules en pièces détachées depuis la Chine vers l’usine de Graz en Autriche, où ils seront assemblés. Cette méthode, semblable à celle des meubles en kit, permet aux constructeurs chinois d’obtenir des véhicules officiellement “assemblés en Europe” et d’échapper ainsi aux lourdes taxes d’importation.
Le choix de Magna Steyr n’est pas anodin. Ce sous-traitant automobile de renom a déjà travaillé avec des marques prestigieuses comme BMW, Jaguar ou Toyota. Confronté récemment à une baisse d’activité suite au départ de plusieurs clients, le groupe autrichien voit dans ce partenariat avec les constructeurs chinois une opportunité de remplir ses chaînes de production.
Si cette stratégie d’assemblage en Europe permet d’éviter les droits de douane, elle se heurte à un autre obstacle de taille : l’inéligibilité au bonus écologique français. En effet, le gouvernement français a récemment modifié les critères d’attribution de cette aide financière, anticipant précisément ce type de stratagème.
Désormais, ce n’est plus le lieu d’assemblage final qui est pris en compte, mais l’ensemble du processus de fabrication. Le calcul de l’éco-score intègre maintenant une notion d’empreinte carbone globale, prenant en compte le site de production qui génère la plus forte empreinte carbone dans la chaîne de fabrication.
Concrètement, puisque les composants majeurs des véhicules Xpeng et GAC continueront d’être fabriqués en Chine, ces voitures resteront exclues du dispositif d’aide à l’achat en France, malgré leur assemblage sur le sol européen.
Face à ces contraintes, Xpeng ne compte pas s’arrêter à cette solution d’assemblage. Le constructeur chinois a déjà fait savoir qu’il envisageait la construction d’une usine complète sur le sol européen. Cette stratégie plus ambitieuse pourrait, à terme, lui permettre de qualifier ses véhicules pour le bonus écologique français et autres aides similaires dans les pays européens.
Cette approche témoigne de la détermination des constructeurs chinois à s’implanter durablement sur le marché européen, malgré les obstacles réglementaires. Pour Xpeng, qui a déjà lancé ses modèles G6 et G9 en France en 2024, cette expansion industrielle représente une étape logique dans sa conquête du marché.
Le G6 de Xpeng, un SUV compact électrique, propose une autonomie impressionnante de plus de 570 kilomètres et des performances séduisantes avec une accélération de 0 à 100 km/h en 4,2 secondes pour la version la plus puissante. Des caractéristiques qui placent ce modèle en concurrence directe avec les références européennes du segment.
L’arrivée massive de constructeurs chinois sur le marché européen inquiète les acteurs traditionnels. BYD, qui a dépassé Tesla en volume de ventes mondiales de véhicules électriques au premier trimestre 2023, a ouvert la voie. Mais Xpeng, GAC et d’autres suivent de près, avec des modèles souvent plus abordables et technologiquement avancés.
| Constructeur | Modèles disponibles en Europe | Stratégie de production |
|---|---|---|
| Xpeng | G6, G9 | Assemblage chez Magna Steyr + future usine européenne |
| GAC | Aion V | Assemblage chez Magna Steyr |
| BYD | Atto 3, Dolphin, Seal | Usine en construction en Hongrie |
Face à cette concurrence, les constructeurs européens doivent redoubler d’efforts. Les voitures électriques chinoises se distinguent généralement par un rapport qualité-prix avantageux, des batteries de dernière génération et des équipements technologiques abondants. Même sans bénéficier du bonus écologique, ces véhicules pourraient séduire de nombreux consommateurs européens.
Cette situation met en lumière le dilemme auquel font face les autorités européennes : comment protéger l’industrie automobile locale tout en accélérant la transition vers les véhicules électriques? Les mesures protectionnistes comme les droits de douane peuvent ralentir l’adoption des véhicules zéro émission si elles limitent l’offre ou maintiennent des prix élevés.
L’arrivée de voitures électriques chinoises plus abordables pourrait contribuer à démocratiser la mobilité électrique en Europe. Actuellement, le prix reste un frein majeur à l’adoption massive des véhicules électriques, avec des modèles européens souvent positionnés sur des segments de prix élevés.
Pour vous, consommateurs, cette nouvelle donne pourrait signifier davantage de choix et potentiellement des prix plus compétitifs. Si les constructeurs chinois réussissent à s’implanter durablement en Europe malgré les obstacles réglementaires, la concurrence accrue pourrait bénéficier au marché dans son ensemble.
Les prochaines années détermineront si cette stratégie d’assemblage en Europe n’est qu’une solution temporaire ou le début d’une implantation industrielle plus profonde des constructeurs chinois sur notre continent. Une chose est certaine, le paysage automobile européen est en pleine mutation, et l’arrivée de ces nouveaux acteurs en constitue un facteur d’accélération majeur.
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