Essence, diesel, électrique : la différence de facture annuelle est énorme
Le carburant pèse lourd dans votre budget, et l’Avere-France veut le démontrer chiffres à l’appui. Dans « Électrifions la mobilité […]
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Si vous avez l’impression que les voitures électriques sont de plus en plus présentes sur les routes européennes, les chiffres vous donnent raison. Les données publiées conjointement par l’International Council on Clean Transportation (ICCT) et l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) dressent un tableau sans ambiguïté : la transition vers l’électrique s’accélère, et les moteurs thermiques perdent du terrain à un rythme qui commence à peser sur les stratégies industrielles des grands constructeurs.
En août 2025, 29,2 % de toutes les nouvelles immatriculations réalisées dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et dans les pays de l’AELE concernaient des véhicules électriques. C’est une progression notable par rapport aux 20,2 % enregistrés au même mois l’année précédente. Sur les huit premiers mois de l’année, la part de marché cumulée des voitures électriques s’établit à 23,2 %, selon l’ACEA.
Pour replacer ces chiffres dans leur contexte : à la même période en 2024, les véhicules électriques ne représentaient que 17,7 % du marché européen. En l’espace d’un an, le bond est donc significatif. Ce n’est pas anodin non plus pour les automobilistes qui vivent en zone urbaine dense : plusieurs études scientifiques ont démontré que le remplacement des véhicules thermiques par des véhicules électriques dans ces zones entraîne des bénéfices mesurables sur la qualité de l’air et la santé publique, notamment une réduction des pathologies respiratoires et cardiovasculaires.
Du côté des motorisations traditionnelles, la tendance s’inverse clairement. En août 2025, les voitures à essence ne représentaient plus que 18,5 % des immatriculations, et les diesels s’effondraient à 5,8 %. Sur les huit premiers mois de l’année, les véhicules à combustion interne — essence et diesel confondus — totalisent entre 27,9 % et 29 % de part de marché selon les sources, contre 35,8 % un an plus tôt.
Ce recul est réel, mais le marché européen n’a pas basculé dans un monde purement électrique pour autant. Les hybrides — classiques et mild-hybrid confondus — occupent toujours une position dominante avec 32,8 % du marché en août et 36,3 % en cumulé sur l’année, en légère hausse par rapport aux 34,7 % de la même période en 2024. Ces motorisations servent souvent de solution intermédiaire pour des acheteurs qui souhaitent réduire leur consommation sans franchir le pas de la recharge. Leur progression reste néanmoins plus modérée qu’aux États-Unis, où les hybrides ont connu une explosion bien plus marquée.
L’un des exemples les plus frappants de cette évolution se joue chez Volkswagen. Le constructeur allemand se retrouve dans une position qu’il n’aurait probablement pas anticipée il y a trois ans : il doit réduire sa production de véhicules thermiques et accélérer l’assemblage de modèles électriques dans ses usines en Allemagne, son marché domestique et le plus grand d’Europe. La raison ? Le succès commercial de la nouvelle ID. Polo, qui génère désormais plus de commandes électriques que thermiques pour la marque en Allemagne — une première dans l’histoire de Volkswagen.
Ce type de signal industriel est souvent plus révélateur que les statistiques brutes : quand un constructeur doit revoir ses lignes de production pour s’adapter à la demande électrique, c’est que le changement n’est plus seulement une projection, c’est une réalité opérationnelle.
Parmi les groupes automobiles européens, c’est BMW Group qui affiche la part de véhicules électriques la plus élevée dans ses ventes : 30 % de tous les véhicules vendus entre janvier et août 2025 étaient électriques, soit une progression de 10 points de pourcentage par rapport à l’année précédente. Un résultat qui traduit à la fois l’élargissement de la gamme électrique du groupe bavarois et une demande client en hausse sur ses modèles haut de gamme.
Si les moyennes européennes progressent, elles masquent des écarts considérables entre pays. Le tableau ci-dessous illustre la diversité des situations nationales sur les huit premiers mois de 2025 :
| Pays | Part des voitures électriques (janv.–août 2025) |
|---|---|
| Norvège | 98 % |
| Danemark | 82 % |
| Finlande | 50 % |
| Islande | 47 % |
| Suède | 43 % |
| Croatie | 4 % |
La Norvège reste dans une catégorie à part avec 98 % de nouvelles immatriculations électriques, un chiffre qui tient notamment à des politiques fiscales très incitatives mises en place depuis des années. Le Danemark suit avec 82 %, une performance remarquable qui s’explique par des taxes élevées sur les véhicules thermiques et un réseau de recharge bien développé. À l’opposé, la Croatie plafonne à 4 %, révélant que l’adoption de l’électrique reste étroitement liée au niveau de revenu moyen, aux aides publiques disponibles et à la densité des infrastructures de recharge.
Ces disparités posent une question concrète pour vous, en tant qu’acheteur potentiel : au-delà du véhicule lui-même, l’accessibilité à la recharge et les aides à l’achat disponibles dans votre pays ou votre région restent des critères déterminants dans le calcul réel du coût de possession d’une voiture électrique.
Les chiffres de 2025 montrent que le marché européen a franchi un seuil psychologique important. Avec près d’une voiture sur trois vendue en électrique au mois d’août, la question n’est plus de savoir si les véhicules électriques vont s’imposer, mais à quelle vitesse les infrastructures, les politiques publiques et les habitudes des conducteurs vont s’adapter à cette nouvelle réalité.
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