Kia prépare une voiture électrique encore plus petite et abordable que l’EV2
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Quand Volkswagen créait Cariad en 2020, le géant allemand ambitionnait de révolutionner son approche du logiciel automobile. Quatre ans plus tard, cette filiale dédiée au développement numérique se retrouve reléguée à un simple rôle de coordinateur, tandis que le groupe mise tout sur ses partenariats avec Rivian et Xpeng. Cette volte-face illustre les difficultés européennes à développer une indépendance technologique face aux géants américains et chinois de la voiture électrique.
Volkswagen avait imaginé Cariad comme le pilier de sa transformation digitale. Cette entité devait concevoir une plateforme logicielle commune à toutes les marques du groupe, de Audi à Skoda en passant par Seat. Malheureusement, les 6 000 employés de cette filiale n’ont pas réussi à tenir les délais promis. Les retards accumulés ont même paralysé le lancement du Macan électrique de Porsche, l’un des modèles les plus attendus du constructeur.
Oliver Blume, directeur général du groupe, a fini par trancher. Plutôt que de persister dans une stratégie du “tout en interne” coûteuse et inefficace, Volkswagen opère un “redémarrage complet” de son approche logicielle. Cariad n’est plus chargé de développer des solutions propriétaires, mais simplement d’intégrer et d’harmoniser les technologies développées par des partenaires externes. Un aveu d’échec qui résonne bien au-delà des frontières du groupe allemand.
La nouvelle stratégie de Volkswagen repose sur deux partenariats majeurs qui redistribuent les cartes technologiques. Outre-Atlantique, l’accord avec Rivian vise à développer une architecture logicielle commune, capitalisant sur l’expertise du spécialiste américain des utilitaires électriques. Cette collaboration permettra théoriquement à Volkswagen d’accélérer son développement logiciel tout en réduisant ses coûts de recherche.
En Chine, le partenariat avec Xpeng s’avère encore plus révélateur des enjeux actuels. Le système d’assistance à la conduite XNGP de la firme chinoise équipera dès 2026 un SUV électrique du groupe. Cette technologie, développée spécifiquement pour la conduite autonome urbaine, représente un savoir-faire que Volkswagen n’a pas réussi à maîtriser en interne malgré des investissements considérables.
La décision de Volkswagen intervient dans un contexte où les entreprises chinoises multiplient leurs implantations européennes. Des sociétés comme QCraft, Momenta ou DeepRoute.ai ne se contentent plus d’exporter leurs véhicules : elles installent directement leurs centres de recherche et développement sur le territoire européen. Ces jeunes pousses technologiques séduisent les collectivités locales en proposant des solutions de mobilité autonome clés en main.
L’Europe devient progressivement le terrain d’expérimentation privilégié de ces firmes, selon les analyses de Reuters. Cette situation fait écho à ce qui s’est déjà produit avec les batteries lithium-ion, secteur où la dépendance européenne vis-à-vis des producteurs chinois atteint des niveaux critiques. Le risque d’une répétition de ce schéma sur le segment de l’intelligence artificielle embarquée et des logiciels de conduite autonome devient de plus en plus tangible.
Cette évolution soulève des questions fondamentales sur l’autonomie technologique européenne. Après avoir cédé une partie significative de la chaîne de valeur des batteries aux industriels asiatiques, l’Europe risque de voir se reproduire le même phénomène sur des technologies encore plus stratégiques. Les logiciels de conduite autonome et l’intelligence artificielle embarquée représentent en effet l’avenir de l’industrie automobile.
Le défi pour les constructeurs européens devient double : rattraper leur retard face aux leaders américains et chinois, tout en préservant une certaine indépendance technologique. La stratégie adoptée par Volkswagen, si elle peut permettre de gagner du temps à court terme, interroge sur la capacité du continent à maîtriser les technologies clés de demain. Les 27 pays membres de l’Union européenne devront rapidement définir une approche coordonnée pour éviter que cette dépendance ne devienne définitive et compromette la compétitivité de leur industrie automobile.
Le cas Volkswagen pourrait bien faire des émules parmi les autres constructeurs européens, créant un précédent qui redéfinira durablement les rapports de force dans l’industrie automobile mondiale. La question n’est plus de savoir si cette tendance va s’amplifier, mais plutôt de déterminer comment l’Europe peut encore inverser la donne technologique.
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