Tesla FSD en Europe : les propriétaires d’anciennes Tesla réclament leur dû
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Voilà une affaire qui illustre parfaitement les tensions croissantes entre constructeurs automobiles et clients dans l’ère de l’électrique. Xiaomi, le géant chinois surtout connu pour ses smartphones, se retrouve aujourd’hui dans l’obligation de proposer une modification gratuite sur le capot de sa berline électrique SU7 Ultra. La raison ? Des prises d’air non fonctionnelles sur une pièce vendue 5 400 euros, qui ont poussé plusieurs propriétaires à saisir la justice. Retour sur cette controverse qui aura duré près d’un an avant de trouver une issue.
L’histoire commence en mai 2024, lorsque Xiaomi lance un capot en fibre de carbone pour sa berline sportive SU7 Ultra. Le prix ? Pas moins de 5 400 euros, soit environ 40 000 yuans. La promesse marketing était alléchante : ce capot équipé de larges ouvertures devait offrir un “refroidissement de niveau circuit” pour cette berline électrique performante. Sur le papier, ces imposantes prises d’air étaient censées améliorer la gestion thermique du véhicule lors d’utilisations sportives.
Le problème ? Les premiers acheteurs ont rapidement découvert que ces prises d’air ne laissaient absolument pas passer le moindre flux d’air. Elles étaient purement décoratives, ne remplissant aucune fonction aérodynamique réelle. Pour des clients ayant déboursé une somme aussi conséquente sur une option présentée comme technique, la déception s’est rapidement transformée en colère. Certains propriétaires ont même exigé le remboursement intégral de leur véhicule, estimant avoir été victimes de publicité mensongère.

Face à l’ampleur de la polémique, plusieurs propriétaires mécontents ont décidé de porter l’affaire devant les tribunaux chinois. À Suzhou, un tribunal a donné raison aux plaignants et condamné Xiaomi à verser des dommages et intérêts à certains propriétaires. Cette décision reconnaissait de facto que le constructeur avait trompé ses clients sur les caractéristiques réelles du produit vendu.
La situation s’est compliquée le mois dernier quand un autre tribunal, cette fois à Changsha, a rendu un verdict opposé. Selon cette juridiction, les termes marketing utilisés par Xiaomi, notamment l’expression “flux d’air à haute efficacité”, ne constituaient pas une intention délibérée de tromper la clientèle. Cette interprétation plus clémente pour le constructeur montre bien les zones grises qui entourent le vocabulaire commercial dans l’industrie automobile. Reste que face à la pression médiatique et au mécontentement persistant, Xiaomi a finalement choisi de proposer une solution technique.
Selon les informations relayées par le média chinois IT Home, Xiaomi propose désormais une modification gratuite aux propriétaires concernés. Cette intervention, qui nécessite environ trois heures de travail en centre de service, installe des ailettes à commande électronique dans les ouvertures du capot. Ces ailettes peuvent s’ouvrir et se fermer pour réguler le flux d’air traversant le capot.
Le système fonctionne de deux manières distinctes :
Xiaomi reconnaît que cette modification pourrait entraîner une légère baisse d’autonomie à haute vitesse, les ouvertures actives générant une résistance aérodynamique supplémentaire. Les conducteurs circulant à vitesse modérée ne devraient pas constater de différence notable sur leur consommation électrique. Cette approche pragmatique permet finalement de transformer une pièce purement esthétique en élément fonctionnel, même si le timing laisse songeur.
Pour bénéficier de cette mise à niveau gratuite, les propriétaires éligibles doivent prendre rendez-vous directement via l’application mobile Xiaomi. Le processus d’installation nécessite une immobilisation du véhicule d’environ trois heures, ce qui reste raisonnable pour une intervention de cette nature. La modification implique l’ajout de composants électroniques et mécaniques dans une zone exposée aux intempéries, ce qui témoigne d’un certain effort d’ingénierie de la part du constructeur.
Cette affaire soulève des questions sur les pratiques commerciales dans l’industrie automobile électrique, où les nouveaux entrants comme Xiaomi doivent composer avec des attentes élevées et une concurrence féroce. Si les procès et le tollé public ont été nécessaires pour obtenir cette solution, on peut saluer le fait que le constructeur propose finalement une vraie correction technique plutôt qu’un simple geste commercial superficiel. Pour les propriétaires de la SU7 Ultra ayant investi dans ce capot controversé, cette modification représente enfin la concrétisation des promesses initiales, même si elle arrive avec près d’un an de retard.
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