Ce fabricant d’aspirateurs abandonne finalement son hypercar électrique à fusées
Quand une entreprise spécialisée dans les aspirateurs robots annonce vouloir construire une hypercar électrique propulsée par des fusées à propergol […]
Sommaire
Il y a encore trois ans, le nom Xiaomi n’évoquait chez la plupart des automobilistes qu’un fabricant de smartphones à prix cassés. Aujourd’hui, la marque chinoise peut se targuer d’avoir écoulé plus d’un demi-million d’exemplaires de sa première voiture électrique, le SU7, en à peine 28 mois. Une progression qui mérite qu’on s’y attarde sérieusement, sans pour autant verser dans l’excès d’enthousiasme.
Xiaomi a officiellement franchi le cap des 500 000 exemplaires du SU7 livrés depuis les premières livraisons d’avril 2024. Pour donner une idée de la cadence, le constructeur a livré 21 044 unités du seul mois de juillet 2025, et plus de 100 000 unités depuis le début de l’année 2026. En cumulant l’ensemble de sa gamme — le SU7 berline, le SU7 Ultra à vocation sportive et le SUV YU7 lancé plus récemment — Xiaomi revendique désormais 760 000 véhicules électriques livrés au total.
Ces chiffres sont d’autant plus significatifs que la marque a géré en parallèle un rafraîchissement du SU7 intégrant ses nouvelles technologies embarquées, tout en élargissant son catalogue. C’est une cadence d’itération qui rappelle davantage le rythme d’un éditeur de logiciels que celui d’un constructeur automobile traditionnel. Le parallèle avec Apple — souvent utilisé en Chine pour qualifier le positionnement de Xiaomi — n’est pas anodin : comme Cupertino dans l’électronique grand public, Xiaomi joue sur un mélange de design soigné, d’intégration logicielle poussée et d’une communauté de fans déjà acquise à sa cause avant même que la voiture n’existe.
Passé l’effet de lancement, Xiaomi se retrouve confronté à la même réalité que ses concurrents locaux : le marché automobile chinois souffre d’une surcapacité de production chronique qui tire les prix vers le bas et intensifie la bataille commerciale. Les livraisons du SU7 accusent ainsi une baisse de près de 44 % en glissement annuel sur les sept premiers mois de 2026. Un recul qui n’est pas propre à Xiaomi, mais qui remet les pendules à l’heure sur la solidité réelle de sa position.
L’objectif annuel que s’est fixé la marque pour 2026 est ambitieux : 550 000 véhicules toutes gammes confondues. Or, au rythme actuel, Xiaomi n’a atteint que 39 % de cet objectif après sept mois. Pour tenir sa cible, le constructeur devrait plus que doubler ses livraisons mensuelles sur le reste de l’année. Un défi arithmétique réel, même si la marque dispose encore de plusieurs leviers d’action.
Pour comprendre pourquoi le SU7 a trouvé son public aussi rapidement, il faut regarder ce que la fiche technique propose concrètement. La version Ultra, en particulier, a fait parler d’elle avec des performances très orientées piste :
Ces caractéristiques placent le SU7 dans une position compétitive face à des modèles comme la Tesla Model S ou la BYD Han, tout en affichant des tarifs de départ nettement inférieurs sur le marché intérieur chinois. C’est précisément ce rapport valeur-prix qui explique une grande partie de son attrait initial.
Pour compenser le tassement du marché domestique, Xiaomi lorgne logiquement vers l’Europe. La marque a commencé à ouvrir des boutiques flagship dans l’Union européenne en 2025, avec l’intention de commercialiser ses voitures sur le Vieux Continent à partir de 2027. Le contexte n’est pas anodin : les constructeurs chinois représentaient déjà 14,2 % des parts de marché des véhicules électriques en Europe au premier semestre 2026. Xiaomi pourrait donc bénéficier d’un terrain déjà partiellement défriché par des marques comme BYD, MG ou Nio.
L’autre piste de développement concerne les véhicules à autonomie étendue (EREV). Xiaomi prépare le Sky Nomad N90, un modèle hybride rechargeable à prolongateur d’autonomie thermique. Ce type de motorisation connaît un regain d’intérêt notable en Chine, notamment grâce au succès de Li Auto. Reste à savoir si Xiaomi saura se différencier dans un segment qui s’annonce tout aussi saturé que celui des berlines électriques pures.
Ce que le parcours de Xiaomi illustre assez bien, c’est la vitesse à laquelle une entreprise technologique peut s’imposer dans l’automobile quand elle dispose des ressources, d’une base de consommateurs fidèles et d’une culture du produit bien ancrée. Si l’expansion européenne se concrétise dans de bonnes conditions tarifaires — et sous réserve que les droits de douane n’en réduisent pas trop l’attractivité — vous pourriez bien croiser un SU7 ou un YU7 dans les rues françaises plus tôt que vous ne le pensez.
Réagissez à l'article