L’Europe renonce petit à petit et en silence au tout-électrique
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Le géant chinois Xiaomi poursuit son expansion automobile à un rythme effréné. Avec sa berline SU7 et son SUV YU7, la marque s’impose progressivement face aux géants Tesla et BYD sur le marché chinois des véhicules électriques. Pourtant, cette course à la performance soulève des questions sur les méthodes employées et l’impact sur les équipes internes. Un récent décès d’employé remet sur la table les conditions de travail au sein du groupe technologique chinois.
La transformation de Xiaomi en constructeur automobile n’est pas passée inaperçue. En moins de deux ans, l’entreprise a réussi à s’imposer sur le marché chinois des voitures électriques avec deux modèles performants. La SU7, concurrente directe de la Tesla Model 3, propose une autonomie de 810 km et un 0 à 100 km/h en 3,1 secondes pour la version haut de gamme. Le SUV YU7 vise quant à lui le segment du Model Y avec des prestations similaires.
Le décès de Wang Peizhi, employé de 34 ans, a mis en lumière la face cachée de cette réussite. Responsable du réaménagement de 267 points de vente pour y intégrer l’offre automobile, cet homme est décédé d’une crise cardiaque le 25 août 2025, trois jours après un premier malaise. Si les autorités locales ont écarté tout lien avec son activité professionnelle, sa veuve dénonce un rythme de travail insoutenable qui aurait contribué à sa mort.
Les témoignages recueillis dressent un portrait préoccupant des conditions de travail chez Xiaomi. Les employés évoquent des journées de plus de onze heures et des semaines de six jours consécutifs. Cette organisation rappelle la fameuse culture du “996” – de 9h à 21h, six jours par semaine – qui caractérise une partie du secteur technologique chinois. Les salariés doivent même justifier toute journée de travail inférieure à huit heures, révélant une pression constante sur la productivité.
Cette intensification du rythme de travail coïncide avec l’offensive automobile de Xiaomi. Les résultats commerciaux donnent raison à cette stratégie : plus de 40 000 véhicules livrés en octobre 2025, soit une progression de 209% en un an. Ces performances exceptionnelles positionnent Xiaomi comme un acteur majeur face à Tesla et BYD, mais soulèvent la question du coût humain de cette ascension fulgurante.
Le marché chinois des véhicules électriques traverse une période de transition majeure. Pékin a décidé de supprimer progressivement les généreuses subventions accordées au secteur, forçant les constructeurs à prouver leur rentabilité sans soutien public. Cette évolution vise à assainir un marché surdimensionné et à favoriser les acteurs les plus solides, mais elle accentue mécaniquement la pression sur les entreprises.
Pour Xiaomi, cette nouvelle donne représente un défi supplémentaire. L’entreprise doit maintenir sa croissance tout en se préparant à son expansion internationale, notamment en Europe où elle est attendue en 2027. Les équipes internes risquent de subir une pression accrue pour accompagner cette ambition mondiale, dans un contexte économique moins favorable.
L’arrivée prévue de Xiaomi sur le marché européen soulève des questions sur l’adaptation de ses méthodes. En Europe, les réglementations du travail et la responsabilité sociale des entreprises font l’objet d’une surveillance stricte. Les constructeurs étrangers doivent démontrer leur conformité aux standards européens, tant sur le plan technique que social.
Cette situation n’est pas sans rappeler les difficultés rencontrées par BYD lors de la construction de son usine brésilienne, où le groupe avait été accusé d’imposer des conditions de travail inacceptables. Pour s’imposer durablement face à Tesla sur les marchés occidentaux, Xiaomi devra adapter sa culture d’entreprise aux exigences locales en matière de droit du travail et de bien-être des employés.
| Modèle | Autonomie | Puissance | Prix de départ |
|---|---|---|---|
| Xiaomi SU7 | 810 km | 673 ch | 30 000 € |
| Xiaomi YU7 | 750 km | 580 ch | 35 000 € |
L’avenir de Xiaomi dans l’automobile dépendra de sa capacité à maintenir ses performances commerciales tout en adoptant des pratiques plus durables. Les consommateurs européens, de plus en plus sensibles aux questions sociales et environnementales, scruteront attentivement les méthodes du constructeur chinois. Cette dimension humaine pourrait devenir un facteur différenciant majeur dans la bataille mondiale des voitures électriques, où la technologie seule ne suffira plus à garantir le succès.
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