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Xpeng prépare plusieurs nouveaux modèles compacts taillés pour conquérir l’Europe

Michael Ptaszek

Xpeng avance ses pions en Europe avec une stratégie qui mérite qu’on s’y attarde. Alors que le SUV L03 vient tout juste de faire son apparition sur le site officiel du constructeur en France, ce n’est que le début d’une offensive commerciale plus large. Plusieurs modèles sont en préparation, et ils ont tous un point commun décisif : ils ont été conçus pour le marché européen, et non pas simplement adaptés depuis des références chinoises.

C’est un choix stratégique qui distingue Xpeng de bon nombre de ses concurrents. Là où d’autres fabricants chinois multiplient les sous-marques pour mieux positionner leurs produits à l’étranger, Xpeng fait le pari de consolider son image autour d’une seule enseigne. Avec, à l’intérieur de sa gamme, une famille de modèles plus accessibles : la famille Mona.

La famille Mona, une gamme née d’un rachat inattendu

La famille Mona est née du rachat de la division automobile de Didi, l’équivalent chinois d’Uber. Ce n’est pas anodin : Didi avait développé une expertise dans la conception de véhicules pensés pour un usage intensif et un coût maîtrisé, deux qualités qui cadrent bien avec les attentes du marché européen. De cette acquisition sont nés la berline Mona M03 et le SUV Mona L03, ce dernier étant commercialisé en France simplement sous l’appellation Xpeng L03.

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Ce positionnement, légèrement en dessous des G6 ou G9 en termes de prestations et de tarif, permet à Xpeng de cibler un segment bien plus large que ce qu’elle touchait jusqu’ici en Europe. Et la gamme Mona est loin d’être figée : plusieurs nouveaux véhicules sont annoncés dans les mois à venir, avec des gabarits encore plus adaptés aux routes et aux habitudes européennes.

Un SUV compact à moins de 30 000 euros dans les tuyaux

Parmi les projets les plus attendus figure un SUV encore plus compact que le L03, actuellement connu sous le code interne D11, et qui pourrait rejoindre la gamme sous l’appellation L02. Ses dimensions annoncées se situent entre 4,40 et 4,50 mètres, soit un format nettement plus maniable que les 4,65 m du L03, et clairement orienté vers les besoins du quotidien en milieu urbain ou péri-urbain.

Ce qui rend ce modèle particulièrement intéressant, c’est son positionnement tarifaire envisagé. Il pourrait frôler le seuil des 30 000 euros, ce qui le placerait directement en concurrence avec des références bien installées sur le marché comme la Volkswagen ID.3, la Renault Mégane E-Tech ou encore la Jeep Avenger. À ce prix, et si Xpeng parvient à offrir une dotation technologique à la hauteur de sa réputation — notamment en matière d’aide à la conduite autonome —, le modèle pourrait susciter un vrai intérêt auprès des acheteurs européens.

  • Code projet : D11 (futur L02 probable)
  • Longueur estimée : entre 4,40 et 4,50 m
  • Prix cible : autour de 30 000 euros
  • Segment visé : SUV compacts, marché européen prioritaire
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Un break électrique qui lorgne sur l’Europe plus que sur la Chine

L’autre nouveauté annoncée au sein de la famille Mona est plus surprenante au premier abord : un break. Le segment du break connaît effectivement un regain d’intérêt en Chine ces dernières années, mais les volumes restent modestes à l’échelle du marché chinois, avec environ 250 000 unités vendues par an toutes marques confondues. C’est peu, et cela suffit à comprendre que ce véhicule est avant tout pensé pour l’Europe.

Ce projet, connu sous le code D11T, se distinguerait de la concurrence chinoise déjà présente ou annoncée sur le Vieux Continent par ses dimensions plus contenues. Les breaks proposés par Zeekr, Lynk & Co ou BYD affichent tous aux alentours de 4,85 mètres, un gabarit qui passe difficilement dans certains parkings urbains européens. Le D11T viserait une longueur inférieure d’une dizaine de centimètres environ, ce qui représente un avantage concret au quotidien. En s’inspirant de la ligne de la Mona M03, Xpeng pourrait proposer un break électrique compact à la fois fonctionnel et plus adapté aux contraintes de stationnement européennes que ses rivaux.

  • Longueur estimée du D11T : environ 4,75 m, soit ~10 cm de moins que la concurrence chinoise
  • Marché cible principal : l’Europe
  • Style : inspiré de la berline Mona M03
  • Concurrents directs pressentis : Zeekr 007 SW, Lynk & Co 03+, BYD Sealion 6
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Un ancrage industriel en Europe, la prochaine étape clé

Pour que cette stratégie tienne sur la durée, Xpeng sait qu’il faudra aller au-delà de la simple importation. Le constructeur recherche activement un site de production en Europe et étudie sérieusement un partenariat industriel avec Volkswagen dans cette optique. Ce rapprochement avec le géant allemand n’est pas anodin : les deux groupes collaborent déjà sur le plan technologique depuis 2023, et étendre cette coopération à la fabrication locale permettrait à Xpeng de s’affranchir des droits de douane supplémentaires imposés par l’Union européenne sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.

Produire en Europe, c’est aussi envoyer un signal fort aux consommateurs et aux décideurs politiques : celui d’un constructeur qui s’installe dans la durée, et non pas qui cherche simplement à profiter d’une fenêtre commerciale. Si le projet de production locale aboutit, Xpeng disposerait d’un argument de poids supplémentaire face à des concurrents comme BYD ou Chery, eux aussi en quête de sites d’assemblage sur le continent. La compétition pour les emplacements disponibles — notamment en Europe centrale et orientale — s’annonce vive.

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