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BYD réinvente l’habitacle : moins d’écrans, plus de choses utiles

Philippe Moureau

BYD ne se résume pas à ses modèles grand public que vous croisez désormais régulièrement sur les routes européennes. Le géant chinois chapeaute plusieurs marques satellites aux positionnements bien distincts : Denza avec sa Z9 GT récemment aperçue en Europe, Yangwang sur le créneau ultra-luxe, et Fang Chen Bao, initialement tournée vers les SUV d’aventure. C’est justement cette dernière qui fait parler d’elle en ce début de second semestre 2026, avec la présentation d’une berline électrique hors du commun : la Formula S. Et ce qui retient particulièrement l’attention, c’est son habitacle, qui rompt avec les tendances actuelles de l’industrie automobile.

La Fang Chen Bao Formula S, une berline électrique aux caractéristiques ambitieuses

Officialisée en juillet 2026, la Formula S est une grande berline de 5,06 mètres de long, positionnée clairement sur le segment premium. Sous le capot, ou plutôt sous le plancher, elle embarque la toute nouvelle batterie Blade 2.0, dernière génération de la technologie maison de BYD. Cette batterie promet une autonomie annoncée de 900 kilomètres en cycle CLTC, le protocole d’homologation chinois, réputé plus favorable que les normes européennes. En ramenant ce chiffre à une estimation WLTP, plus réaliste pour nos usages, on arrive à environ 765 kilomètres, ce qui reste une performance très solide pour le segment.

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Côté motorisation, la Formula S décline plusieurs niveaux de puissance allant de 329 à 657 chevaux selon la version choisie. La configuration haute performance sera naturellement la plus attendue, même si la voiture n’est pour l’instant pas homologuée en Europe et reste destinée au marché chinois, où son lancement est prévu dans le courant du second semestre 2026. Si une arrivée sur le Vieux Continent devait se concrétiser, elle passerait vraisemblablement par la marque Denza, qui joue déjà ce rôle de relais européen pour plusieurs modèles du groupe BYD. Rien n’est officiel à ce stade.

Le Smart Ecosystem 2.0 : un habitacle pensé pour la personnalisation physique

C’est sans doute l’aspect le plus intrigant de la Formula S. Révélé par le site spécialisé ItHome, le poste de conduite inaugure ce que BYD appelle le Smart Ecosystem 2.0. Contrairement à ce que le nom pourrait laisser supposer, il ne s’agit pas d’une nouvelle couche logicielle ou d’un écran encore plus grand. C’est en réalité l’inverse : la marque fait un pas en arrière sur la débauche d’écrans pour miser sur des points de fixation physiques répartis dans l’ensemble de l’habitacle.

Ces fixations exploitent plusieurs technologies selon leur emplacement : certaines sont magnétiques, d’autres vissées, et d’autres encore intègrent des connecteurs électriques permettant d’alimenter directement les accessoires fixés. L’idée est de transformer l’intérieur de la voiture en une sorte de plateforme modulable, que le conducteur peut configurer selon ses besoins. C’est une approche que l’on retrouve dans d’autres domaines — l’informatique ou la photographie professionnelle par exemple — mais qui reste assez inédite appliquée à grande échelle dans un habitacle automobile.

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Un habitacle modulable : quels accessoires peut-on y installer ?

BYD et Fang Chen Bao proposent déjà un premier catalogue d’accessoires compatibles avec ce système. En voici un aperçu des éléments disponibles ou annoncés :

  • Support de charge à induction pour smartphone, positionnable à proximité de l’écran tactile central
  • Boutons physiques supplémentaires pouvant être ajoutés autour de l’écran pour accéder à des fonctions spécifiques
  • Éclairages d’ambiance LED modulables selon les zones de l’habitacle
  • Cadran connecté affichant des informations complémentaires au tableau de bord principal
  • Support téléphone dédié et enceinte portable intégrables au niveau de la console centrale

Ce qui rend ce système particulièrement intéressant à surveiller, c’est son potentiel d’ouverture à des fabricants tiers. À l’image de ce que l’on observe chez Tesla, où des entreprises indépendantes commercialisent des commodos, des palettes au volant ou des interfaces dédiées aux Model 3 et Model Y, Fang Chen Bao pourrait voir naître un écosystème d’accessoires compatibles conçus par des marques externes. Le constructeur ne l’a pas officiellement confirmé, mais la logique de la plateforme s’y prête naturellement.

Une philosophie qui pourrait s’étendre à l’ensemble du groupe BYD

Le Smart Ecosystem 2.0 n’a pas vocation à rester l’apanage de la seule Formula S. BYD semble vouloir déployer cette approche progressivement sur d’autres modèles du groupe, ce qui pourrait concerner à terme les véhicules commercialisés sous les marques Denza, voire BYD elle-même. Le calendrier reste flou, mais la logique industrielle est claire : si le concept rencontre un écho favorable auprès des acheteurs chinois — marché de lancement oblige — son déploiement sur d’autres plateformes sera accéléré.

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Ce que cette démarche révèle, c’est une certaine prise de recul sur la course aux écrans qui a dominé le design automobile ces dernières années. Là où la majorité des constructeurs empilent les dalles tactiles pour justifier un positionnement premium, BYD explore une voie différente avec la Formula S : remettre de la matière, du physique et de l’adaptabilité dans un habitacle. Si ce pari séduit les utilisateurs dans la durée, il pourrait bien influencer d’autres acteurs du secteur, au-delà des frontières chinoises.

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