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Certaines voitures électriques reculent plus vite que vous ne l’imaginez

Albert Lecoq

Nos confrères d’Automobile Propre viennent de publier une enquête particulièrement originale sur un aspect méconnu des voitures électriques : leur vitesse maximale en marche arrière. Leurs mesures exclusives révèlent des chiffres surprenants qui vous feront reconsidérer votre façon d’appréhender les manœuvres au volant de ces véhicules. Si vous pensiez que les limitations traditionnelles s’appliquaient partout, détrompez-vous : certains modèles peuvent atteindre des vitesses franchement inquiétantes lorsqu’ils reculent.

La différence fondamentale entre un moteur électrique et un moteur thermique change complètement la donne. Là où votre ancienne voiture essence était mécaniquement bridée par son système de transmission, l’électrique s’affranchit de ces contraintes physiques avec des conséquences parfois étonnantes.

Comment fonctionne la marche arrière sur une voiture électrique

Pour comprendre ces performances inattendues, il faut d’abord saisir la différence technique entre les deux systèmes. Dans une voiture thermique classique, le moteur ne change jamais de sens de rotation. Quand vous passez la marche arrière, c’est un pignon intermédiaire qui intervient dans la boîte de vitesses pour inverser le mouvement des roues. Ce mécanisme limite naturellement la vitesse maximale en marche arrière à l’équivalent d’une première vitesse, soit généralement moins de 25 km/h.

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Le moteur électrique fonctionne différemment. Sa conception lui permet de tourner dans les deux sens avec une facilité déconcertante. Il suffit d’inverser la polarité pour que les roues se mettent à tourner en sens inverse, sans passer par un système mécanique complexe. Cette simplicité technique explique pourquoi Kia a d’ailleurs supprimé le pignon de marche arrière sur ses véhicules hybrides, confiant cette tâche uniquement au bloc électrique.

Les champions de la vitesse en marche arrière

Les mesures réalisées par nos confrères révèlent un classement surprenant. En tête, on retrouve la Porsche Taycan capable d’atteindre 50 km/h en marche arrière, une vitesse franchement impressionnante quand on l’expérimente depuis le siège conducteur. Les véhicules coréens ne sont pas en reste : la Hyundai Ioniq 5 et même la petite Inster atteignent également cette barre symbolique des 50 km/h.

ModèleVitesse maximale marche arrière (km/h)
Porsche Taycan50
Hyundai Ioniq 5 / Inster50
Kia EV350
Mini Cooper SE46
MG Cyberster / S5 EV40
BYD Atto2 / Sealion35
Renault 4 / 5 e-Tech34
Audi A6 / Q6 e-Tron30

Paradoxalement, les véhicules les plus puissants ne sont pas forcément les plus rapides en marche arrière. La Lucid Air Grand Touring et le Mercedes G580 EQ, deux mastodontes en termes de puissance, sont volontairement limités à 20 km/h. Une approche plus conservatrice qui témoigne d’une réflexion poussée sur les aspects sécuritaires.

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Des accélérations qui peuvent surprendre le conducteur

Au-delà de la vitesse de pointe, c’est surtout la capacité d’accélération qui peut poser problème au quotidien. Les mesures d’Automobile Propre sur la Hyundai Inster illustrent parfaitement ce phénomène : 4,0 secondes pour atteindre 50 km/h en marche avant contre 5,4 secondes en marche arrière. Si la différence existe, elle reste suffisamment faible pour créer des situations délicates si vous vous trompez de sens de marche.

Cette réactivité du bloc électrique explique pourquoi certains constructeurs ont choisi d’implémenter des limitations logicielles. Le cas du Rivian R1T, qui avait initialement un bug permettant d’activer le Launch Control en marche arrière, illustre parfaitement les dérives possibles sans ces garde-fous.

Pourquoi ces vitesses posent question en pratique

Rouler à 50 km/h en marche arrière n’est pas seulement impressionnant, c’est franchement dangereux. L’aérodynamique du véhicule n’est pas conçue pour ce sens de marche, et la moindre correction au volant se traduit par des changements de trajectoire amplifiés. Les équipes d’Automobile Propre ont d’ailleurs limité leurs essais à cette vitesse pour des raisons évidentes de sécurité.

La visibilité réduite, que ce soit via les rétroviseurs ou la caméra de recul, complique encore la situation. À ces vitesses, le temps de réaction devient critique, et les conséquences d’une erreur de pilotage peuvent être dramatiques.

  • Aérodynamique inversée : la voiture n’est pas conçue pour rouler dans ce sens
  • Visibilité limitée : uniquement par rétroviseurs et caméra
  • Amplification des mouvements : chaque correction de volant est démultipliée
  • Temps de réaction réduit : perception des obstacles moins naturelle
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Face à ces constats, la plupart des conducteurs adaptent naturellement leur comportement. Même si votre véhicule peut techniquement atteindre ces vitesses, le bon sens dicte de rester prudent lors des manœuvres. Les constructeurs les plus responsables, comme Lucid ou Mercedes sur certains modèles, ont d’ailleurs fait le choix de brider drastiquement ces performances pour éviter tout risque d’accident. Cette approche pragmatique démontre qu’il n’y a pas forcément besoin de repousser les limites techniques partout, surtout quand la sécurité est en jeu.

Source : Automobile Propre

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