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Fiabilité des voitures électriques Peugeot, Citroën, DS et Opel : les chiffres qui inquiètent

Albert Lecoq

Quand on parle de fiabilité des voitures électriques, certaines marques rassurent, d’autres posent question. Le groupe Stellantis — du moins la branche Peugeot, Citroën, DS et Opel — fait clairement partie de la seconde catégorie. Ce n’est pas une impression de comptoir : c’est ce que révèle une base de données de 3 055 réponses collectées par La Chaîne EV, dont 199 portent spécifiquement sur ces quatre marques. Les chiffres ont été vérifiés, les biais potentiels examinés. Voici ce que vous devez savoir avant d’acheter ou de garder l’un de ces modèles.

Une note de fiabilité nettement en dessous de la moyenne du marché

La première donnée qui retient l’attention, c’est la note moyenne de fiabilité : 7,87/10 pour le groupe Peugeot/Citroën/DS/Opel, contre 9,08/10 tous constructeurs confondus. L’écart est de plus d’un point entier, ce qui est considérable sur ce type d’échelle. Mais ce n’est pas le seul signal d’alerte. Seuls 72,4 % des véhicules du groupe n’ont jamais connu de panne immobilisante, contre 85,5 % sur l’ensemble du panel. Autrement dit, près d’un propriétaire sur quatre a été contraint de laisser sa voiture à l’arrêt, contre un sur sept en moyenne.

La répartition des notes illustre bien cette situation contrastée. 14,6 % des propriétaires du groupe attribuent une note de 5 ou moins, contre seulement 3,1 % sur l’ensemble de l’enquête. La moitié des répondants restent tout de même à 9 ou 10, ce qui signifie que le décrochage n’est pas universel — certains propriétaires sont parfaitement satisfaits. Mais la proportion de véritablement déçus est bien trop élevée pour être ignorée.

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L’intention de rachat : l’indicateur le plus révélateur

Si la note de fiabilité interpelle, c’est l’intention de rachat qui frappe le plus. Seuls 7 % des propriétaires de ces marques rachèteraient le même constructeur « avec certitude », contre 34,4 % sur l’ensemble du panel. À l’opposé, 52,8 % d’entre eux déclarent ne probablement pas ou assurément pas renouveler leur confiance à la marque, contre 15,4 % en moyenne. Ce fossé est énorme.

Quand on creuse les raisons de ce refus, la fiabilité ressort clairement : 41 % des sondés concernés indiquent que c’est la fiabilité mécanique et le service après-vente qui expliquent, entièrement ou en partie, leur réticence à rester fidèles à la marque. C’est bien plus que la moyenne du panel (30,6 %). La déception ne porte donc pas sur le style ou le prix de revente, mais sur quelque chose de plus fondamental : la confiance que vous pouvez accorder à votre voiture au quotidien.

La réputation publique rejoint le vécu des propriétaires

L’enquête posait aussi une question à l’ensemble des 3 055 répondants, qu’ils soient propriétaires ou non d’un véhicule du groupe : quelles marques leur semblent fiables ? Le verdict est sévère. 73 % des répondants jugent le groupe Peugeot/Citroën/DS/Opel peu ou pas fiable, contre seulement 14 % qui l’estiment fiable ou très fiable.

C’est un phénomène rare dans ce type d’enquête. Dans d’autres cas — notamment Hyundai, évoqué dans un épisode précédent — la réputation publique est bien meilleure que le vécu réel des propriétaires. Ici, c’est l’inverse : la mauvaise image du groupe correspond presque exactement aux notes données par ceux qui roulent avec ces voitures. La perception négative n’est pas une rumeur injuste : elle est ancrée dans l’expérience réelle des utilisateurs.

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Des pannes qui touchent les modèles récents, pas les anciens

Avant de tirer des conclusions, il fallait vérifier si ce bilan s’expliquait par un parc plus usé ou plus kilométré. Ce n’est pas le cas. L’année médiane de mise en circulation est 2021 pour le groupe, contre 2022 pour l’ensemble du panel — un écart négligeable. Et côté kilométrage, les véhicules du groupe affichent une médiane de 59 000 km, contre 64 000 km toutes marques confondues. Un parc moins roulé ne devrait statistiquement pas générer davantage de pannes.

La piste générationnelle est également parlante. Les anciens modèles comme l’iOn ou la C-Zero, sur 21 réponses, affichent une note de 8,90/10. Les modèles récents — e-208, e-2008, ë-C4, Corsa-e, Mokka-e, DS3 — tombent à 7,75 sur 178 réponses. Sur les seules immatriculations 2024, la moyenne du groupe reste à 7,58, quand l’ensemble du marché affiche 9,14 la même année. Si vous envisagez d’acheter une e-208 d’occasion, éplucher l’historique entretien et les éventuelles interventions sous garantie n’est pas une précaution superflue, c’est une nécessité.

Les pannes les plus fréquentes sur ces modèles électriques

Sur 116 témoignages détaillant une panne, trois systèmes concentrent l’essentiel des problèmes signalés :

  • Le chargeur embarqué AC : cité dans 21 % des témoignages, c’est la défaillance la plus fréquente. Une panne de ce composant rend toute recharge sur borne classique impossible.
  • La climatisation ou la pompe à chaleur : 20 % des mentions. Un problème particulièrement pénalisant en hiver, car il impacte à la fois le confort thermique et l’autonomie réelle du véhicule.
  • Le moteur électrique ou le groupe motopropulseur : 19 % des cas. Ce type de panne entraîne généralement une immobilisation totale du véhicule.
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L’écran et le système multimédia complètent ce tableau avec 14 % des mentions. Ces remontées recoupent exactement ce que relataient 40 propriétaires de Peugeot e-208 interrogés séparément : pannes immobilisantes répétées et délais d’attente en concession jugés insupportables. Deux sources indépendantes, le même constat.

Un service après-vente en retrait sur tous les critères mesurés

Le SAV aggrave la situation. Sur la qualité générale du service après-vente, le groupe obtient 2,72/4, contre 3,17/4 en moyenne sur le panel. La rapidité des réparations est notée 2,43/4, contre 2,96/4 en moyenne. Et sur le coût des réparations, le groupe obtient 2,74/4 contre 3,02/4. Aucun critère ne tire son épingle du jeu.

Dans les commentaires libres, plusieurs griefs reviennent de manière récurrente : des techniciens encore insuffisamment formés aux spécificités de l’électrique, des pièces détachées indisponibles pendant plusieurs semaines, et un constructeur perçu comme minimisant les remontées de ses clients. Ce dernier point est peut-être le plus préoccupant à long terme, car il freine les retours d’expérience qui permettraient normalement d’améliorer la qualité.

Un point d’équilibre mérite d’être noté avant de refermer ce dossier : même parmi les propriétaires du groupe les plus déçus, 96 % estiment leur électrique plus fiable que leur ancien thermique, un chiffre quasiment identique à celui de l’ensemble du panel (96,5 %). Le thermique reste donc le vrai étalon de comparaison dans l’esprit des conducteurs — et sur ce terrain-là, même les marques en difficulté passent encore le test. Fiat, autre marque Stellantis mais non incluse dans ce groupe, affiche 8,79/10 sur 43 réponses, ce qui suggère que le problème n’est pas structurel à tout le groupe, mais bien concentré sur ces quatre marques spécifiques.

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