Segway Xaber 300 : la moto électrique tout-terrain qui dépasse les 100 km/h
Segway, c’est une marque que beaucoup associent encore aux trottinettes à deux roues gyroscopiques qui ont marqué les années 2000. […]
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L’industrie automobile traverse une transformation numérique sans précédent. Les véhicules modernes ne sont plus de simples assemblages mécaniques, mais de véritables ordinateurs sur roues. Cette évolution vers des “véhicules définis par logiciel” (SDV) représente un défi colossal pour les constructeurs historiques qui y investissent des milliards d’euros avec des résultats mitigés.
Tesla a révolutionné l’approche avec sa Model S, introduisant un concept radicalement différent des architectures traditionnelles. Là où les véhicules classiques fonctionnent avec de nombreux calculateurs électroniques (ECU) fournis par différents équipementiers et connectés via un réseau CAN à faible bande passante, Tesla a opté pour une architecture centralisée.
Cette approche présente plusieurs avantages majeurs :
L’exemple emblématique reste celui de la Model 3 qui, lors de son lancement, présentait des distances de freinage trop longues selon Consumer Reports. Tesla a pu résoudre ce problème via une simple mise à jour logicielle à distance – une prouesse impossible pour les constructeurs traditionnels à l’époque.

Ford vient d’annoncer la fusion de son projet FNV4, destiné à développer une architecture électrique de nouvelle génération, avec son architecture existante. Ce qui confirme les difficultés du constructeur américain à concrétiser sa vision numérique.
General Motors a connu des déboires similaires avec sa plateforme d’intelligence véhicule (VIP). Bien qu’elle permette des fonctionnalités avancées comme le système de conduite mains libres Super Cruise, elle a sérieusement perturbé le lancement de modèles phares comme le Hummer EV, le Cadillac Lyriq et le Chevrolet Blazer EV, tous affectés par de graves problèmes logiciels.
Volvo, malgré sa fierté d’avoir créé de véritables SDV avec les EX90 et EX30, a dû retarder leur lancement et les a finalement commercialisés avec des bugs et des fonctionnalités manquantes.
Le cas le plus catastrophique reste celui de Volkswagen avec sa filiale logicielle Cariad. Malgré un démarrage précoce et d’importants investissements, le projet a viré au désastre, obligeant le constructeur allemand à externaliser des tâches logicielles essentielles auprès de partenaires comme Mobileye, Rivian et des entreprises chinoises.
La difficulté ne réside pas simplement dans la création de nouveaux logiciels. Il s’agit d’une refonte complète de l’organisation et de la philosophie de développement des constructeurs traditionnels.
Ces entreprises centenaires ont historiquement considéré le logiciel comme un problème technique à résoudre, et non comme une expérience à concevoir. Leur approche était compartimentée, peu tolérante aux risques et conçue pour que le logiciel reste inchangé pendant les 20 ans de durée de vie du véhicule.
Aujourd’hui, elles doivent créer:
Un autre défi majeur vient du ralentissement des ventes de voitures électriques. Comme l’explique Doug Field, responsable du projet SDV chez Ford, les constructeurs doivent désormais concevoir des systèmes adaptables aux véhicules thermiques. Cela complique la tâche car les voitures électriques disposent d’une batterie haute capacité capable d’alimenter les systèmes électroniques en permanence, facilitant les mises à jour importantes. Les véhicules thermiques avec leur simple batterie 12V sont beaucoup plus limités.
Les constructeurs partis d’une feuille blanche disposent d’un avantage considérable. Tesla, Rivian, Lucid et la plupart des constructeurs chinois ont bâti des systèmes performants sans l’encombrement des héritages technologiques.
Parmi les constructeurs traditionnels, General Motors semble avoir pris une certaine avance malgré ses difficultés initiales. Sa persévérance rappelle celle de BMW avec les premières générations d’iDrive. Cependant, sa décision controversée d’abandonner Apple CarPlay a rebuté de nombreux clients potentiels.
BMW et Mercedes sont sur le point de lancer leurs véritables plateformes SDV, tandis que Volkswagen (via son partenariat avec Rivian) et Ford (avec son projet EV de nouvelle génération) restent plus éloignés de l’objectif. Quant aux constructeurs japonais et coréens, l’essentiel du travail reste à accomplir.
La transformation vers les véhicules définis par logiciel n’est pas optionnelle pour survivre dans l’industrie automobile moderne. Les consommateurs qui ont goûté à l’expérience fluide et moderne d’un véritable SDV – qu’il vienne de Tesla, Rivian ou d’un constructeur chinois – reviennent rarement aux produits traditionnels.
L’enjeu pour les constructeurs historiques est de prouver qu’une marque centenaire axée sur le matériel peut se transformer en véritable entreprise logicielle. Le défi est immense mais vital: seuls ceux qui réussiront cette métamorphose pourront proposer des véhicules électriques abordables, évolutifs et offrant une expérience utilisateur simplifiée et cohérente.
La route est encore longue, mais les constructeurs qui trouveront l’équilibre entre l’approche sécuritaire traditionnelle et l’agilité numérique moderne seront ceux qui domineront le marché automobile de demain.
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