Tesla s’offre un nouveau fournisseur chinois de batteries
Vous le savez sans doute, Tesla ne cesse d’ajuster sa stratégie pour maintenir ses marges dans un marché automobile électrique […]
Sommaire
Le marché chinois des véhicules électriques démarre l’année avec un repli de 20% par rapport à janvier 2024, une chute qui s’explique en grande partie par la fin des exemptions fiscales à l’achat. Les véhicules à nouvelles énergies (NEV) ne bénéficient plus de cette mesure en 2025, ce qui provoque naturellement un tassement après le pic de décembre. Le marché global recule lui aussi de 14% pour atteindre 1,5 million d’unités, ce qui relativise la baisse du secteur électrique.
Les véhicules 100% électriques affichent une contraction de 17% avec 348 000 unités écoulées, tandis que les hybrides rechargeables plongent de 24% à 248 000 exemplaires. Seule consolation dans ce tableau morose : les véhicules à prolongateur d’autonomie (EREV) résistent avec 76 000 ventes et progressent même de 1% sur un an. Cette motorisation séduit particulièrement sur les grands SUV, segment moins affecté par la disparition des incitations gouvernementales. La part de marché des véhicules électrifiés s’établit à 39% (dont 23% pour les 100% électriques), un niveau comparable à janvier 2024 malgré la perte des avantages fiscaux.
Le Xiaomi YU7 s’impose comme la révélation du mois avec 37 869 livraisons et décroche son premier trophée mensuel dans le classement toutes catégories confondues. Ce crossover sportif, élu voiture de l’année 2025 en Chine, accumule les centaines de milliers de précommandes depuis son lancement. La disparition partielle des incitations n’entame pas son succès, puisque Xiaomi affiche toujours une liste d’attente conséquente pour ce modèle phare.
Derrière ce nouveau venu, on observe un bouleversement du paysage automobile chinois. Le podium se complète avec deux Geely : le Boyue L thermique en argent et le Xingyuan électrique en bronze. Sept modèles thermiques figurent dans le top 10 de janvier, un retour en force inattendu qui témoigne des effets de la fin des subventions. Volkswagen place même trois modèles à essence dans ce top 10, donnant une saveur rétro à ce classement. L’AITO M7 complète le tableau en cinquième position comme meilleur véhicule électrifié.
Le Geely Geome Xingyuan réalise une performance remarquable avec 29 007 immatriculations et pulvérise la concurrence dans la catégorie B. Cette citadine au nom poétique (qui signifie “faire un vœu sur une étoile”) propose un design équilibré entre le Wuling Bingo et le Smart #3. Son positionnement tarifaire constitue son principal atout : avec un prix de départ autour de 80 000 yuans (environ 11 000 dollars), elle se rapproche du BYD Seagull à 70 000 yuans plutôt que du BYD Dolphin à 100 000 yuans.
La fiche technique inclut une batterie LFP de 30 kWh fournie par CATL, suffisante pour l’usage urbain visé. Geely parvient ainsi à proposer un équivalent du Dolphin au prix du Seagull, une stratégie qui porte manifestement ses fruits face à BYD. Dans les segments compacts et intermédiaires (C et D), les trois premières places reviennent exclusivement à des modèles thermiques, avec notamment les victoires des Geely Boyue L et Xingyue L qui battent le Tesla Model Y et les modèles BYD, absents du podium.
L’AITO M7 confirme sa popularité avec une troisième place au général et illustre l’évolution rapide du marché chinois. Lancé en 2022 avec un design correct et une batterie de 40 kWh en version EREV, il propose désormais en 2025 une nouvelle génération sur plateforme dédiée avec une batterie de 53 kWh pour la version prolongateur ou 100 kWh pour la déclinaison 100% électrique. Le tout pour environ 35 000 dollars, ce qui reste compétitif pour un SUV à trois rangées de sièges.
Le NIO ES8 enregistre 17 645 immatriculations et offre à la marque son premier top 5 mensuel grâce à sa troisième génération depuis 2018. Facturé à partir d’environ 57 000 dollars, ce mastodonte de 5,3 mètres concentre tout le savoir-faire de NIO en matière de luxe. Les grands SUV représentent la tendance du moment en Chine, et huit modèles de cette catégorie figurent dans le top 20 de janvier, profitant d’une meilleure résistance face à la fin des incitations.
Le Fang Cheng Bao Tai 7 complète le top 5 avec 17 116 unités. Ce SUV de la division premium de BYD adopte un style baroudeur inspiré du Land Rover Defender et propose une motorisation EREV avec des batteries de 27 ou 36 kWh offrant environ 100 kilomètres d’autonomie électrique. Son prix de 25 000 dollars le positionne presque deux fois moins cher que le Lynk & Co 900 et trois fois moins que le Zeekr 9X, deux autres EREV grand format du groupe Geely.
Le Li Auto i6 termine sixième avec un record de 29 368 ventes. Ce crossover familial privilégie le confort, le luxe et la technologie plutôt que les capacités tout-terrain. Les autres modèles notables incluent le Geely Galaxy Starship 7 en sixième place avec 16 883 exemplaires, l’AITO M8 en dixième position, et plusieurs mastodontes comme le Zeekr 9X (17ème) et le Geely Galaxy M9 (18ème avec 6 592 unités). Le Wuling Bingo S manque de peu le top 20, tout comme le Starlight 560, un crossover compact sept places vendu 14 000 dollars avec des batteries de 60 ou 69 kWh.
Au niveau des marques, le classement réserve des surprises majeures. Geely remporte le mois de janvier avec 165 000 unités toutes catégories confondues et relègue BYD en quatrième position avec seulement 69 000 véhicules. Nissan pointe à la neuvième place avec une progression de 14% alors que le marché s’effondre, tandis que Toyota enregistre une hausse de 4%. Les nouvelles marques continuent leur ascension : AITO (12ème) bondit de 83% avec 40 000 ventes, Xiaomi (13ème) grimpe de 70% avec 30 000 unités, et NIO (22ème) explose avec une croissance de 162%, dépassant Tesla qui chute de 45% à 18 500 immatriculations (26ème position).
Dans le classement spécifique aux véhicules électrifiés, BYD conserve la tête avec 11,5% de parts de marché, mais voit son avance fondre drastiquement. Geely suit de près avec 10,4%, soit seulement 1% d’écart. AITO débarque en troisième position avec 6,7%, suivie par Xiaomi en quatrième place avec 6,5%. Wuling, médaille de bronze en 2024, recule en cinquième position avec 5,4%. Tesla et Leapmotor, respectivement quatrième et cinquième l’an dernier, se retrouvent hors du top 5.
Si l’on examine les résultats au niveau des groupes automobiles, l’écart se resserre encore davantage entre Geely et BYD, avec seulement 0,3% de différence. SAIC occupe la troisième marche avec 9,8% de parts, profitant des bonnes performances du MG 4 et de la marque Shangjie, ainsi que du volume apporté par Wuling. Cette position représente une progression d’un rang par rapport à janvier 2024.
Les nouveaux entrants Seres (propriétaire d’AITO) et Xiaomi complètent le top 5 avec respectivement 6,7% et 6,5% de parts de marché. Ce classement révèle que la pression ne s’exerce pas uniquement sur les marques étrangères : les constructeurs chinois de second rang comme Chery et Changan voient leurs positions fragilisées sur leur marché domestique et doivent désormais compter sur l’export pour compenser la demande intérieure qui faiblit. La compétition entre BYD et Geely pour la première place, combinée à l’émergence de startups grignotant les parts des acteurs établis, promet un millésime 2025 particulièrement animé pour le marché automobile chinois.
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