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La R4 électrique avait un énorme défaut et Renault va enfin le corriger

Philippe Moureau

Lancée dans l’ombre du succès de sa petite sœur R5, la Renault R4 électrique vit ses premiers mois sur le marché avec des résultats moins spectaculaires qu’espérés. Si le constructeur français a misé sur la carte nostalgique avec ce revival de son iconique 4L, ce SUV électrique souffre d’un défaut technique majeur qui freine ses ventes. L’autonomie de 409 kilomètres WLTP maximum apparaît insuffisante pour satisfaire les attentes d’une clientèle en quête de polyvalence.

Des débuts commerciaux en demi-teinte malgré le leadership

Depuis son lancement en juin 2024, la R4 électrique affiche des chiffres commerciaux honorables sans pour autant égaler l’engouement suscité par la R5. Entre juin et octobre 2024, Renault a immatriculé près de 4 000 exemplaires en France, un score qui lui permet de dominer le segment des petits SUV électriques. Cette performance reste néanmoins modeste comparée aux 13 000 unités écoulées par la R5 sur la même période.

Le positionnement tarifaire de la R4, proposée à partir de 32 900 euros pour la version Évolution avec batterie de 40 kWh, la place directement en concurrence avec des modèles plus généreux en autonomie. Cette politique commerciale s’avère délicate quand vous cherchez un véhicule capable d’assumer des trajets variés sans contraintes de recharge excessive. L’épisode du leasing social révèle d’ailleurs cette frilosité du marché : là où Renault vante les 10 000 commandes de la R5, la communication reste évasive concernant la R4.

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Une architecture technique héritée qui montre ses limites

La R4 électrique reprend intégralement la plateforme AmpR Small de la R5, avec ses deux options de batterie : 40 kWh pour 308 kilomètres d’autonomie WLTP et 52 kWh pour 409 kilomètres. Cette stratégie industrielle intelligente, qui permet de partager 70 % des composants entre les deux modèles, pose problème en termes de positionnement produit.

Les spécifications techniques révèlent les contraintes d’usage :

  • Puissance de recharge rapide limitée à 100 kW en courant continu
  • Moteur électrique de 150 chevaux sur les versions haut de gamme
  • Consommation moyenne comprise entre 15,9 et 17,0 kWh/100 km selon les versions
  • Temps de recharge de 15 à 80 % en 30 minutes sur borne rapide

Le décalage entre attentes client et offre produit

Guillaume Sicard, directeur général de Renault France, reconnaît ouvertement cette inadéquation : “Pour un SUV polyvalent, les clients attendent plus”. Cette franchise illustre parfaitement le dilemme auquel fait face le constructeur. Alors qu’une citadine électrique limitée à 400 kilomètres d’autonomie paraît acceptable, cette restriction devient problématique sur un SUV positionné comme l’équivalent électrique du Captur thermique.

Les vendeurs du réseau Renault confirment cette difficulté commerciale. L’argumentaire devient complexe face à des clients habitués aux 600 à 700 kilomètres d’autonomie des versions thermiques. La R4 électrique peine à convaincre les familles qui effectuent régulièrement des trajets de plusieurs centaines de kilomètres, notamment lors des départs en vacances.

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Une solution technique en préparation pour 2026

Renault n’ignore pas ce handicap et prépare activement une réponse technique. Les ingénieurs travaillent sur une évolution majeure de la gamme R4/R5 qui devrait arriver courant 2026. Cette mise à jour comportera plusieurs améliorations significatives :

ÉlémentVersion actuelleVersion prévue 2026
Capacité batterie52 kWh56 kWh
Autonomie WLTP409 km~500 km
Efficience moteurStandardOptimisée

Cette évolution technique vise à rapprocher la R4 du seuil psychologique des 500 kilomètres d’autonomie, considéré comme le minimum acceptable pour un SUV électrique polyvalent. L’optimisation du moteur électrique accompagnera cette augmentation de capacité pour maximiser l’efficience énergétique.

Un positionnement à clarifier sur le marché électrique

La R4 électrique souffre finalement d’un positionnement ambigu. Ses qualités intrinsèques – habitabilité supérieure à la R5, coffre de 420 litres, confort de roulage amélioré – ne suffisent pas à compenser ses limitations d’autonomie. Le public cible, constitué de familles actives, privilégie la praticité avant l’esthétique rétro.

Cette situation temporaire ne remet pas en question la pertinence industrielle du projet. Renault dispose d’un produit techniquement abouti, économiquement viable grâce au partage de plateforme, et perfectible rapidement. La version améliorée prévue pour 2026 devrait repositionner favorablement la R4 face à une concurrence qui s’intensifie sur le segment des SUV électriques compacts. D’ici là, le constructeur devra composer avec ce défaut d’autonomie qui bride les ambitions commerciales de son SUV électrique nostalgique.

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