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Vers un Nissan Cube électrique sur base de Renault 4 ?

Michael Ptaszek

Après la Micra née des entrailles de la Renault 5, et une Pixo dérivée de la future Twingo électrique dont le voile sera levé le 23 septembre, Nissan semble avoir trouvé sa formule préférée pour renouveler sa gamme en Europe : laisser Renault concevoir la mécanique, l’architecture et même l’usine, puis apposer son badge sur une carrosserie retravaillée. La question qui se pose naturellement — et qui n’a rien d’absurde — c’est : quelle sera la prochaine ? La Renault 4 étant désormais sur le marché, une déclinaison Nissan s’inscrirait parfaitement dans cette logique d’Alliance bien rodée. Et si ce modèle portait le nom de Cube ?

Une stratégie d’Alliance qui commence à prendre ses marques

Nissan et Renault partagent des plateformes, des motorisations et des lignes de production depuis près de 25 ans. Ce n’est donc pas la philosophie de fond qui surprend, mais plutôt la transparence assumée de l’exercice. La nouvelle Micra ne cherche pas vraiment à cacher ses origines : elle repose sur la plateforme AmpR Small, utilise exactement les mêmes combinaisons moteur-batterie que la R5 — soit 120 ch associés à une batterie de 40 kWh et 150 ch pour 52 kWh — et sort des mêmes chaînes de Douai. Ce que Nissan a géré en propre, c’est essentiellement le dessin de la carrosserie, suffisamment distinctif pour éviter la confusion en concession.

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La Pixo, dont la présentation officielle est imminente, reproduit ce schéma sur le segment A. Elle se greffe sur l’architecture de la nouvelle Twingo électrique et hérite de ses trains roulants, de sa motorisation et de son process de fabrication. Nissan recycle intelligemment le nom Pixo, déjà utilisé entre 2009 et 2013 pour une citadine qui était alors une Suzuki Alto à peine modifiée — un précédent que peu de gens ont retenu, et pour cause. L’Alliance offre aujourd’hui un cadre bien plus solide pour ce type d’exercice, avec des volumes de production mutualisés qui permettent de rentabiliser des développements coûteux.

La Nissan Cube, une candidature crédible sur base de Renault 4

La Renault 4 électrique est arrivée sur une plateforme suffisamment polyvalente pour accueillir différentes interprétations stylistiques. Si l’on suit la logique établie par la paire R5/Micra, une déclinaison Nissan de la R4 serait techniquement cohérente. Le nom Cube s’impose alors assez naturellement, non pas par nostalgie, mais parce que ce modèle possède une identité graphique forte qui contraste efficacement avec les rondeurs caractéristiques de la Renault 4.

La démarche de design serait en quelque sorte l’inverse de ce qui a été fait avec la Micra. Là où la R5 est anguleuse et la Micra l’adoucit légèrement, la R4 est arrondie et une Cube en tirerait des lignes résolument verticales, des angles marqués, un hayon presque plat avec une ouverture à charnières latérales — une signature historique du modèle — et des surfaces vitrées aussi généreuses que possible. Le concept Nissan Hang Out de 2021, largement oublié depuis, constitue une base d’inspiration sérieuse pour imaginer ce que pourrait donner une telle réinterprétation moderne.

  • Hayon à charnières déportées sur le côté gauche, signature historique de la Cube
  • Surfaces vitrées maximisées pour une luminosité intérieure remarquable
  • Asymétrie assumée à l’arrière, trait distinctif de l’ancienne génération Z12
  • Silhouette verticale en rupture avec les SUV compacts conventionnels du segment
  • Sellerie intérieure avec matières souples et colorées, là où la Micra a manqué le coche
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La Cube originale : des qualités réelles, une commercialisation ratée

Pour comprendre pourquoi ce nom mérite une seconde chance, il faut revenir sur ce qu’était vraiment la Nissan Cube dans sa troisième génération, dite Z12, la seule à avoir été commercialisée en Europe. Son lancement en France en 2009 s’est soldé par des chiffres confidentiels : 18 unités vendues en 2009, un pic relatif à 936 exemplaires en 2010, puis 130 unités en 2011 avant l’arrêt pur et simple. Ces résultats catastrophiques ont largement occulté ses qualités intrinsèques.

Car la Cube cochait des cases qui restent pertinentes aujourd’hui : un rapport habitabilité/encombrement particulièrement favorable, une banquette arrière coulissante offrant une vraie modularité, un toit panoramique étendu, une hauteur sous plafond généreuse et une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Ce qui l’a coulée, c’est davantage un positionnement tarifaire trop ambitieux pour un modèle que le grand public n’avait aucune raison d’adopter en masse, dans un contexte où les crossovers commençaient à dominer les intentions d’achat.

Un ADN électrique que peu de gens connaissent

Ce que l’histoire de la Cube révèle, c’est que le lien entre ce modèle et l’électrification est plus ancien qu’on ne le croit. Deux éléments méritent d’être soulignés :

  • Le concept-car EV-02, dévoilé en 2008 sur la base de la Cube Z11 (génération précédente), était en réalité un prototype de développement de la Nissan Leaf, avec 109 ch et 35 kWh de capacité batterie.
  • Le moteur thermique de la Cube Z12, le HR16DE, est identique au H4M de Renault — ce même bloc qui constitue encore aujourd’hui la partie thermique du système hybride E-Tech de la marque au losange.
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Ces connexions techniques ne sont pas anecdotiques. Elles illustrent à quel point les deux marques partagent depuis longtemps des briques mécaniques communes, et combien une Cube électrique construite sur l’AmpR Small serait, dans les faits, une continuation logique de cette histoire commune. Les groupes motopropulseurs de la R4 — 150 ch et 52 kWh en version standard, avec une autonomie annoncée autour de 400 km en cycle WLTP — trouveraient sans difficulté leur place dans un format de carrosserie plus vertical et plus compact.

Reste à savoir si Nissan, en pleine restructuration de sa gamme mondiale, a réellement l’appétit pour ce genre de pari. La Micra et la Pixo montrent que l’Alliance sait aujourd’hui faire travailler ses synergies de façon concrète et rentable. Ajouter une Cube à ce catalogue européen ne serait pas un caprice stylistique : ce serait occuper un espace que personne d’autre ne revendique vraiment, avec une proposition de valeur lisible — espace intérieur, originalité, et motorisation éprouvée — sur un segment où se distinguer visuellement reste l’un des rares leviers de différenciation efficaces. La prochaine réunion de produit à Yokohama est peut-être le bon endroit pour glisser cette idée sur la table.

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