Est-ce bientôt la fin des zones à faibles émissions ?
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Tesla a enregistré 17 425 véhicules sur 15 marchés européens majeurs en février 2026, soit une progression de 10% par rapport à février 2025. C’est la première croissance annuelle significative que la marque affiche en Europe depuis plus d’un an. Seulement voilà : cette légère remontée intervient après une période catastrophique, et la comparaison avec les chiffres de l’an dernier ne rend pas vraiment justice à la situation actuelle. Sur les deux premiers mois de l’année, Tesla plafonne à 25 451 immatriculations contre 25 474 sur la même période en 2025. Autrement dit, le constructeur californien fait du sur-place.
L’analyse pays par pays révèle une situation très inégale. Si certains marchés affichent des hausses spectaculaires, d’autres continuent de s’effondrer. Le Portugal mène le bal avec une croissance de +112%, suivi de l’Espagne (+74%), de l’Allemagne (+59%) et de la France (+55%). La France devient d’ailleurs le premier marché européen de Tesla avec 3 715 immatriculations en février et un total de 4 377 unités depuis le début de l’année. L’Allemagne arrive en deuxième position avec 2 276 véhicules immatriculés en février, tandis que le Royaume-Uni complète le podium avec 2 422 unités.
Les mauvaises nouvelles viennent justement du Royaume-Uni, où les immatriculations chutent de 37% par rapport à février 2025. Certes, c’est mieux que l’effondrement de 57% enregistré en janvier, mais cela reste préoccupant pour ce qui était le principal marché européen de Tesla en 2025. Les Pays-Bas poursuivent leur dégringolade avec une baisse de 45%, le Danemark recule de 18% et la Suède de 10%. La Norvège, traditionnellement le bastion de Tesla par habitant, se redresse avec 1 210 immatriculations en février (+32%), mais le mois de janvier avait été catastrophique avec seulement 83 véhicules enregistrés.
| Pays | Jan 2025 | Fév 2025 | Jan-Fév 2025 | Jan 2026 | Fév 2026 | Jan-Fév 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| France | 1 142 | 2 395 | 3 537 | 662 | 3 715 | 4 377 | +23,7% |
| Allemagne | 1 277 | 1 429 | 2 706 | 1 301 | 2 276 | 3 577 | +32,2% |
| Royaume-Uni | 1 458 | 3 852 | 5 310 | 718 | 2 422 | 3 140 | -40,9% |
| Espagne | 268 | 918 | 1 186 | 456 | 1 595 | 2 051 | +72,9% |
| Pays-Bas | 926 | 983 | 1 909 | 307 | 539 | 846 | -55,7% |
| Norvège | 689 | 917 | 1 606 | 83 | 1 210 | 1 293 | -19,5% |
Le problème avec cette hausse de 10% en février, c’est qu’elle intervient sur une base de comparaison particulièrement basse. Le premier trimestre 2025 avait vu les immatriculations européennes de Tesla s’effondrer de 37% par rapport au premier trimestre 2024, alors même que le marché global des véhicules électriques progressait fortement. Tesla n’avait enregistré que 53 952 véhicules sur ces 15 marchés durant tout le T1 2025, une période qualifiée de catastrophique à l’époque.
Février 2025 lui-même était un mois particulièrement faible avec seulement 15 775 immatriculations. Les 17 425 unités de février 2026 représentent donc simplement un retour au niveau d’une période que tout le monde reconnaissait comme critique. Le bilan cumulé des deux premiers mois le confirme : 25 451 unités en 2026 contre 25 474 en 2025, soit une différence négative de 23 véhicules. Tesla stagne exactement au niveau de son pire début d’année récent.
Les immatriculations européennes de Tesla suivent traditionnellement un schéma très concentré sur la fin de chaque trimestre, avec des pics massifs durant le dernier mois lorsque les cargaisons en provenance de la Gigafactory de Shanghai et de la Gigafactory de Berlin arrivent à destination. Au T1 2025, mars représentait 28 478 immatriculations sur un total de 53 952, soit plus que janvier et février réunis.
Si Tesla reproduit ce schéma en 2026, le premier trimestre pourrait atteindre environ 54 000 à 55 000 unités. Ce serait pratiquement stable par rapport au T1 2025, qui était déjà un trimestre catastrophique pour le constructeur américain. Pendant ce temps, BYD a démarré 2026 avec 18 242 immatriculations rien qu’en janvier, soit une hausse de 165% en un an, tout en continuant d’étendre agressivement son réseau de concessionnaires et sa gamme de modèles en Europe.
Cette progression de 10% en février mérite d’être reconnue, surtout après treize mois consécutifs de baisses annuelles. Parler de reprise serait néanmoins exagéré. Tesla se compare essentiellement à sa propre débâcle. Le T1 2025 représentait la période où la marque a perdu le plus de parts de marché en Europe de toute son histoire, sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs :
Égaler ce rythme ne constitue pas une reprise mais plutôt une stabilisation à un niveau nettement inférieur. La véritable épreuve arrivera au deuxième trimestre et au-delà, quand Tesla devra se mesurer aux mois suivants de 2025 où les chiffres étaient tout aussi médiocres. Si le Model Y restylé et la montée en puissance de la Gigafactory de Berlin parviennent à maintenir la dynamique observée en France, en Allemagne et en Espagne, un redressement devient envisageable.
Les tendances au Royaume-Uni et aux Pays-Bas restent particulièrement inquiétantes. Ces marchés importants ne se stabilisent pas, ils continuent de se détériorer. Selon certaines analyses, la baisse de prix de 3 000 euros accompagnant l’introduction d’une version plus basique aurait stimulé les ventes dans certains pays, mais l’effet reste limité géographiquement. Les données de mars permettront d’avoir une vision complète du T1 2026, mais pour l’instant, le mieux qu’on puisse dire, c’est que Tesla a arrêté l’hémorragie sur certains marchés. Le patient reste dans un état préoccupant.
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