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Électriques, hybrides, thermiques : les vraies gagnantes du 1er semestre 2025

Philippe Moureau

Les derniers chiffres de ventes des constructeurs automobiles révèlent des mouvements surprenants sur le marché des véhicules électriques. Certaines marques bousculent les hiérarchies établies, tandis que d’autres connaissent des revers inattendus. Voici un décryptage des tendances qui ont échappé à l’attention générale.

La montée en puissance de Skoda sur le marché européen

Skoda s’impose désormais comme le troisième constructeur européen derrière Volkswagen et Toyota. La marque tchèque représente 6% du marché automobile européen avec plus de 330 000 voitures commercialisées, devançant ainsi Renault et Peugeot.

Cette progression s’explique principalement par d’excellents résultats sur le segment électrique. En mai, Skoda occupait la deuxième place sur les véhicules 100% électriques avec 14 975 immatriculations, derrière Volkswagen (23 309), mais devant BMW (14 859), Audi (13 835), Tesla (13 600) et Renault (9 105). La marque a presque triplé ses ventes d’électriques par rapport à mai 2024, dépassant même le constructeur américain.

L’Elroq constitue le fer de lance de cette réussite. Ce SUV électrique figurait au deuxième rang des véhicules électriques les plus vendus en Europe en mai avec 9 412 exemplaires, dans le sillage du Tesla Model Y (10 630 unités). Il occupe également des positions remarquables dans plusieurs pays : numéro 1 au Danemark en juin, numéro 2 aux Pays-Bas, numéro 3 en Allemagne.

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MG opère un virage stratégique vers l’hybride

La MG 4, qui fut la vedette de la marque sino-britannique en 2023, a perdu de sa superbe. Autrefois classée au 20ème rang des ventes en France, cette compacte électrique ne figure plus dans le top 100 des modèles les plus immatriculés dans l’Hexagone.

Les véhicules hybrides MG ZS (41ème avec 5 419 unités) et MG 3 (49ème avec 4 511 unités) portent désormais les ventes de la marque sur les six premiers mois de 2025. Ce repositionnement résulte directement des droits de douane additionnels de 35,3% imposés par l’Union européenne aux véhicules électriques du groupe SAIC.

Cette stratégie répond à une demande croissante puisque l’hybride représente 44,7% de parts de marché en France au premier semestre. En mai, la part des véhicules électriques dans les ventes de SAIC en Europe n’était plus que de 15%, contre 42% de thermique, 34% d’hybride et 9% d’hybride rechargeable. Cette transition pose néanmoins un défi environnemental : les émissions moyennes par véhicule de MG sont estimées à 108 g de CO2 pour les cinq premiers mois de l’année.

Alpine peine à s’exporter au-delà de l’Hexagone

L’Alpine A290 affiche des résultats corrects sur le marché français avec 1 926 exemplaires écoulés entre janvier et mai, à comparer aux près de 13 000 unités de la Renault 5 immatriculées pendant la même période. Pour une finition haute et sportive, ces chiffres restent honorables.

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La situation se complique à l’international. L’ACEA crédite Alpine de 3 659 ventes en Europe élargie. En retranchant les 2 373 unités écoulées en France, on arrive au total peu satisfaisant d’environ 1 300 Alpine vendues à l’étranger. Le titre de voiture européenne de l’année et les nombreux programmes sportifs (F1, endurance, rallye) n’ont pas encore produit l’effet escompté, malgré un démarrage encourageant au Royaume-Uni avec près de 200 immatriculations en juin.

Les berlines électriques retrouvent leur place

Au milieu de la domination des SUV électriques, deux silhouettes basses se distinguent dans le classement européen. La Volkswagen ID.7 occupe même le 3ème rang européen des véhicules électriques avec 31 881 exemplaires écoulés entre janvier et mai, tandis que la Tesla Model 3 suit au 8ème rang avec 28 604 exemplaires.

Cette réussite s’explique par plusieurs facteurs. La Volkswagen ID.7 bénéficie de la bascule des flottes vers l’électrique et d’une politique commerciale attractive. L’offre “Tourer” (break) séduit particulièrement l’Europe du Nord, où l’électrification est avancée. La berline allemande progresse ainsi de 660% en Europe et s’écoule mieux que l’ID.3.

  • Volkswagen ID.7 : 31 881 exemplaires (3ème rang européen)
  • Tesla Model 3 : 28 604 exemplaires (8ème rang)
  • BMW i4 : 18 395 unités (top 20)
  • Audi A6 e-tron : environ 10 000 unités
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BYD Seal U domine le marché hybride rechargeable

Le BYD Seal U s’impose comme l’un des véhicules les plus produits au monde avec 264 000 exemplaires écoulés entre janvier et mai 2025 à l’échelle globale. Ce SUV se vend massivement en version hybride rechargeable : seulement 15% des ventes concernent la version électrique, contre 85% pour la chaîne hybride rechargeable.

En Europe, face à la demande encore minoritaire de véhicules électriques et aux droits de douane additionnels, BYD a adapté sa stratégie. Le Seal U DM-i figure au deuxième rang des véhicules hybrides rechargeables en Europe, représentant 26 000 des 55 000 BYD immatriculées sur le continent au cours des premiers mois de l’année.

Volvo traverse une période difficile

Après des années fastes, le constructeur suédois connaît des difficultés. En Europe, au premier semestre, Volvo Car a vu ses ventes reculer de 12% au global et de 32% sur les seuls véhicules 100% électriques.

La chute est particulièrement sévère en France, où les ventes ont dégringolé de 10 650 voitures au premier semestre 2024 à 5 400 unités cette année. L’EX30, qui s’était écoulé à plus de 3 500 exemplaires l’an dernier, a vu ses immatriculations divisées par trois sur la tranche janvier/juin 2025. Le modèle a été touché par les droits de douane à l’importation, contraignant Volvo à investir 200 millions d’euros pour démarrer la production européenne à Gand fin avril.

Cette relocalisation pourrait permettre au modèle de retrouver sa compétitivité grâce à un meilleur éco-score et à l’accès au bonus écologique. La marque attend dans les semaines à venir un retour de l’Ademe pour calculer ce score et ouvrir les droits à une fiscalité plus avantageuse.

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