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Mercedes-Benz vient d’annoncer une décision qui surprend le marché automobile européen : l’arrêt définitif de la production des EQE berline et SUV dès 2026. Cette décision marque un tournant dans la stratégie électrique du constructeur allemand, qui préfère miser sur une nouvelle génération de véhicules plutôt que de persévérer avec des modèles qui peinent à convaincre.
Lancée il y a à peine trois ans, la gamme EQE devait incarner l’électrification du segment premium. Pourtant, face à un accueil mitigé du public et à l’évolution rapide des technologies, Mercedes fait le choix radical de tourner la page pour mieux préparer l’avenir de sa mobilité électrique.
L’EQE n’aura pas réussi à reproduire le succès de sa cousine thermique, la Classe E. Les chiffres de vente européens parlent d’eux-mêmes : en 2024, seulement 18 500 exemplaires ont trouvé preneur, loin des objectifs initiaux de Mercedes. Cette contre-performance s’explique principalement par un design polarisant qui n’a jamais réussi à séduire la clientèle traditionnelle de la marque à l’étoile.
Le style particulièrement lisse de l’EQE, avec sa silhouette de “savon sur roues” selon certains critiques, contraste fortement avec l’élégance reconnue des berlines Mercedes classiques. Les proportions inhabituelles, dictées par l’architecture électrique EVA, ont créé un véhicule que beaucoup jugent trop éloigné des codes esthétiques de la marque. Cette rupture stylistique a particulièrement dérangé une clientèle d’entreprise habituée aux lignes plus conventionnelles des modèles thermiques.
Mercedes mise désormais tout sur sa plateforme de nouvelle génération MB.EA-M, qui promet de corriger les défauts reprochés à l’actuelle architecture. Cette base technique inédite offrira un meilleur compromis entre encombrement extérieur et habitabilité, deux points faibles régulièrement soulignés sur l’EQE actuelle.
Les premiers modèles basés sur cette plateforme seront dévoilés dès le salon de Munich. Vous découvrirez d’abord un GLC électrique, suivi rapidement d’une version électrifiée de la Classe C. La future Classe E électrique, qui remplacera directement l’EQE, bénéficiera des dernières innovations technologiques développées pour l’EQS, notamment en matière de gestion thermique et d’efficience énergétique.
| Modèle | Date de lancement | Plateforme | Autonomie estimée |
|---|---|---|---|
| GLC électrique | 2025 | MB.EA-M | 500+ km |
| Classe C électrique | 2026 | MB.EA-M | 450+ km |
| Classe E électrique | 2027 | MB.EA-M | 600+ km |
Cette décision s’inscrit dans une démarche plus large de rationalisation de la gamme électrique Mercedes. Le constructeur préfère concentrer ses efforts sur des modèles parfaitement aboutis plutôt que de maintenir en vie des véhicules qui ne répondent pas aux attentes du marché. Les investissements en recherche et développement seront ainsi réorientés vers les futurs modèles MB.EA-M.
La concurrence s’intensifie également sur le segment premium électrique. BMW avec ses iX et i4, Audi avec ses e-tron GT et Q8 e-tron, mais aussi les constructeurs chinois comme BYD ou Nio, exercent une pression croissante. Mercedes ne peut plus se permettre de maintenir des modèles qui ne sont pas à la hauteur de cette compétition acharnée.
Contrairement à l’EQE, l’EQS bénéficiera du restylage initialement prévu pour 2025. Cette mise à jour concernera autant la berline EQS que le SUV EQS, qui représentent les fers de lance de l’électrification Mercedes dans le haut de gamme. Les améliorations porteront sur plusieurs aspects :
Ces évolutions visent à maintenir l’EQS au niveau des dernières innovations du marché, notamment face à la nouvelle BMW i7 et à l’Audi e-tron GT restylée. Avec un coefficient de traînée de 0,20, l’EQS reste la référence en matière d’efficience aérodynamique, un atout que Mercedes entend bien conserver.
Les possesseurs d’EQE n’ont pas d’inquiétude à avoir concernant le service après-vente et les pièces détachées. Mercedes s’engage à maintenir le support technique pendant au moins dix ans après l’arrêt de production, conformément à ses obligations légales. Les mises à jour logicielles continueront également d’être déployées sur les véhicules existants.
Cette situation pourrait même présenter un avantage inattendu : les EQE pourraient devenir des modèles de collection recherchés dans quelques décennies, à l’image de certaines Mercedes des années 1990 aujourd’hui très prisées. L’histoire automobile regorge d’exemples de véhicules initialement boudés qui ont fini par acquérir un statut particulier.
L’arrêt prématuré de l’EQE illustre parfaitement la rapidité d’évolution du marché électrique. Mercedes préfère assumer ce choix coûteux plutôt que de s’enliser avec des produits imparfaits. Cette approche pragmatique pourrait bien payer à long terme, surtout si les futurs modèles MB.EA-M tiennent leurs promesses d’excellence technique et esthétique. Vous assistez là à une leçon de management industriel : savoir abandonner pour mieux rebondir.
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