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Renault Clio 7 : électrique, hybride ou thermique, voici ce qui se prépare vraiment

Philippe Moureau

La Renault Clio, c’est un peu l’histoire de la voiture populaire française par excellence. Plus de 17 millions d’exemplaires vendus depuis 1990, un titre de modèle le plus immatriculé de France année après année, et une capacité à se réinventer à chaque génération sans jamais trahir son ADN. La Clio 6 vient tout juste d’être lancée, et elle marque déjà un vrai tournant stylistique et technologique par rapport à ses aînées. Pourtant, chez Renault, on pense déjà à l’étape suivante. La Clio 7, attendue vers le milieu des années 2030, pourrait être la plus radicale de toutes les générations.

Une silhouette repensée, loin des nostalgies rétro

Interrogé par le média britannique Autocar, le patron de Renault, Fabrice Cambolive, a confirmé que le travail de réflexion sur la prochaine Clio est déjà engagé. Et dès le départ, une chose est posée clairement : la Clio 7 ne jouera pas la carte du rétro-design, contrairement à la Renault 5 E-Tech qui assume pleinement son héritage visuel. Pour Cambolive, la citadine « doit s’inscrire dans l’ère moderne. On est voué à l’échec si l’on ne fait que vivre dans le passé ».

Cette prise de position oriente déjà les choix stylistiques à venir. La prochaine Clio devrait gagner quelques centimètres, avec une longueur qui s’approcherait des 4,20 mètres, contre 4,12 mètres actuellement. Mais ce n’est pas tant la taille qui change la donne que la silhouette envisagée. Renault identifie un segment européen qu’il juge « sous-exploité » : celui des citadines compactes non-SUV à faible puissance. Autrement dit, la marque veut proposer une berline compacte moderne, taillée pour répondre aux besoins de ceux qui ne souhaitent pas passer au gabarit surélevé d’un SUV, pourtant omniprésent sur le marché depuis dix ans.

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Cambolive formule lui-même la question à laquelle Renault tente de répondre : « Comment répondre à ce besoin, lorsqu’on recherche une berline compacte plutôt qu’un SUV ? » La réponse n’est pas encore arrêtée, mais l’intention est là : concevoir une auto qui conjugue sportivité, praticité et polyvalence, sans grimper sur des roues surdimensionnées. Ce positionnement serait une vraie prise de risque dans un contexte où les constructeurs ont massivement misé sur la tendance SUV depuis le milieu des années 2010.

Motorisation : thermique, hybride ou 100 % électrique ?

C’est évidemment la question qui cristallise toutes les attentions. Et pour l’instant, Renault ne tranche pas. Fabrice Cambolive lui-même reconnaît qu’il est « un peu tôt pour répondre » et qu’il ne sait pas encore si la future Clio embarquera un moteur thermique. Cette prudence n’est pas surprenante : nous sommes en 2026, et l’échéance de la Clio 7 se situe autour de 2033-2035, soit exactement au moment où l’interdiction de vente de voitures neuves à moteur à combustion devrait entrer en vigueur dans l’Union européenne — si ce calendrier réglementaire n’est pas une nouvelle fois repoussé.

Plusieurs scénarios de motorisation restent donc sur la table :

  • 100 % électrique : la plateforme de nouvelle génération développée par Renault est compatible avec des motorisations zéro émission à l’échappement, ce qui laisse la porte ouverte à une Clio intégralement électrique.
  • Hybride rechargeable ou mild-hybrid : une solution de transition que Renault maîtrise déjà bien, notamment via sa technologie E-Tech, et qui pourrait perdurer encore quelques années sur ce segment.
  • Prolongateur d’autonomie (range extender) : évoqué comme une piste, mais qui peine encore à convaincre en Europe contrairement à la Chine, où ce type d’architecture séduit massivement les acheteurs de véhicules électriques.
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Cambolive précise néanmoins que lorsque la Clio 7 sera commercialisée, nous serons « dans un monde 100 % électrique ». Une formulation qui ressemble davantage à un constat sur le contexte réglementaire qu’à une confirmation de motorisation. En creux, cela suggère que Renault s’oriente sérieusement vers une Clio 7 électrique, sans pour autant s’y engager publiquement à ce stade.

Ce que cela signifie concrètement pour les acheteurs

Si vous êtes un fidèle de la Clio — et ils sont nombreux en France —, cette prochaine génération pourrait changer votre rapport à ce modèle de manière significative. Une Clio 7 entièrement électrique représenterait un saut générationnel important, notamment en termes de coût à l’usage : recharge moins chère que le plein d’essence, entretien allégé, et potentiellement une éligibilité au bonus écologique selon les revenus et les règles fiscales en vigueur au moment du lancement.

La question du prix de vente sera déterminante. La Clio a toujours été positionnée comme une voiture accessible. Or, les voitures électriques dans ce segment restent encore onéreuses à produire. La Renault 5 E-Tech, qui partage une base de réflexion similaire, démarre autour de 25 000 euros. Une Clio 7 électrique devra idéalement se situer en dessous de ce seuil pour préserver son image de citadine démocratique.

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Ce qui est certain, c’est que Renault ne peut pas se permettre de rater cette septième génération. La Clio est le pilier commercial de la marque en Europe, et sa transformation vers l’électrique — si elle se confirme — sera un vrai test grandeur nature sur la capacité du constructeur à électrifier son cœur de gamme sans en perdre l’essence populaire. Rendez-vous dans quelques années pour voir si le pari est tenu.

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