Le nom officiel de la Jaguar électrique ultra-puissante enfin dévoilé
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Après 14 ans de production continue, Tesla a annoncé la fin du Model S. C’est une décision qui ne surprend pas vraiment les observateurs du secteur, mais qui mérite qu’on s’y attarde. Non pas pour pleurer la disparition d’une berline de luxe électrique, mais pour mesurer concrètement ce que cette voiture a changé — et ce qu’elle continue d’influencer, même en tirant sa révérence.
Ce qui est frappant avec le Model S, c’est qu’il n’a pas eu le parcours classique d’une voiture. La plupart des constructeurs auraient sorti deux, trois, voire quatre générations entièrement nouvelles sur une période aussi longue. Tesla a fait autrement : affiner, améliorer, remplacer des composants, faire évoluer le logiciel, repenser la fabrication. La silhouette est restée reconnaissable, mais presque tout le reste a changé.
Quand le Model S est sorti en 2012 avec sa batterie de 85 kWh et une autonomie homologuée EPA de jusqu’à 426 km, c’était une rupture nette avec ce qui existait. La Honda Fit EV de la même époque plafonnait à 198 km, et la Nissan Leaf ne dépassait pas 117 km. Autrement dit, le Model S offrait plus du double de l’autonomie de ses concurrentes directes. Pour la première fois, un véhicule électrique pouvait envisager de longs trajets sans que chaque kilomètre devienne un calcul anxieux.
L’infrastructure de recharge existait déjà, mais restement limitée. En janvier 2012, la Californie comptait plus de 1 500 points de charge, et plus de 6 000 bornes étaient actives à l’échelle nationale aux États-Unis selon le Department of Energy. Mais la majorité de ces bornes fonctionnaient en courant alternatif 240 volts, nécessitant une nuit entière branchée pour récupérer une autonomie significative. Trouver un hôtel acceptant de laisser charger sa voiture relevait parfois du parcours du combattant. C’est dans ce contexte que Tesla a construit son propre réseau Supercharger, comprenant que l’autonomie seule ne suffisait pas si la recharge restait un problème non résolu.
Le Model S que vous auriez pu acheter en 2025 n’avait de commun avec celui de 2012 que la structure de base de la carrosserie. Batterie, électronique, moteurs, habitacle, équipements de sécurité : tout a été revu, souvent plusieurs fois. Tesla a également réduit le nombre de pièces composant la voiture, passant d’environ 5 000 composants dans la version d’origine à environ 3 000 dans la dernière itération. Selon certaines analyses, seulement 3 % des pièces originales sont partagées entre le premier et le dernier Model S. C’est presque une philosophie industrielle à part entière, qui tranche avec les cycles habituels de renouvellement de modèle.
Cette approche a ses avantages évidents : pas besoin de repartir de zéro à chaque fois, économies d’échelle préservées, et une capacité à intégrer rapidement de nouvelles technologies sans bouleverser toute la chaîne de production. Elle a aussi ses limites, et le Model S n’a jamais été parfait — même après une décennie et demie d’améliorations. Certains reprochaient à l’habitacle un vieillissement peu gracieux, ou des choix ergonomiques discutables. Mais l’essentiel était ailleurs.
Ce que le Model S a introduit ou popularisé dans l’industrie automobile se retrouve désormais partout, souvent sans qu’on y pense. Voici quelques-unes des tendances qu’il a contribué à imposer :
Ces éléments ne sont plus des curiosités réservées aux early adopters. Ils sont devenus des attentes standards de la part des acheteurs, y compris sur des voitures thermiques haut de gamme. En ce sens, le Model S a modifié le cahier des charges implicite de toute nouvelle voiture mise sur le marché.
Mettre fin à la production du Model S n’est pas anodin. Tesla semble vouloir concentrer ses ressources sur des segments à plus fort volume : le Model Y reste la locomotive commerciale du groupe, et les rumeurs d’un modèle accessible à moins de 30 000 euros circulent depuis plusieurs années. Arrêter une berline positionnée au-dessus de 80 000 euros pour se recentrer sur le marché de masse est une décision qui a une logique industrielle claire.
Ce choix reflète aussi une réalité du marché : la concurrence sur le segment des berlines électriques premium s’est considérablement densifiée. Porsche Taycan, BMW i5, Mercedes EQE, Lucid Air — en 2026, le Model S n’est plus seul dans une catégorie qu’il avait quasiment inventée. Et si Tesla a longtemps pu s’appuyer sur l’aura et la performance brute de son vaisseau amiral, d’autres constructeurs ont comblé une partie de l’écart, notamment sur la qualité de fabrication et le raffinement intérieur.
Le Model S disparaît donc non pas parce qu’il a échoué, mais parce que le terrain a changé. Il a forcé toute une industrie à se remettre en question, et cette industrie a fini par répondre. C’est peut-être là sa victoire la plus durable : avoir rendu sa propre existence moins nécessaire.
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