Stellantis prépare une petite électrique très abordable : le projet E-Car se précise
Stellantis a officialisé, via un communiqué de presse, le développement d’un nouveau véhicule électrique d’entrée de gamme baptisé E-Car. Ce […]
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Jim Farley, le patron de Ford, ne mâche pas ses mots. Lors d’une récente intervention dans le podcast Spike’s Car Radio, le dirigeant américain a confirmé que le constructeur à l’ovale bleu travaille actuellement sur un modèle électrique destiné à concurrencer frontalement les Tesla Model 3 et Model Y. Cette annonce intervient dans un contexte où plusieurs constructeurs, Ford inclus, ont dû revoir leurs ambitions électriques après les récents changements de politique énergétique de l’administration Trump, qui ont provoqué des pertes estimées à plusieurs dizaines de milliards de dollars.
L’information reste pour l’instant assez floue, mais Farley a lâché quelques indices précieux : “Nous aurons un véhicule électrique abordable pour rivaliser avec les Model Y et Model 3”, a-t-il déclaré. Le dirigeant a précisé que Ford mise désormais sur une stratégie tripartite combinant une gamme complète d’hybrides, quelques modèles à autonomie étendue (EREV) particulièrement performants pour le remorquage, et ces fameuses électriques accessibles.
Si Ford n’a pas encore dévoilé de calendrier précis pour ces nouveaux modèles, tout porte à croire qu’ils reposeront sur la plateforme Universal Electric Vehicle (UEV) que le constructeur développe actuellement. Cette architecture technique représente un virage stratégique important pour Ford, qui a récemment pris des décisions radicales concernant son catalogue électrique. Le F-150 Lightning, pourtant sacré pick-up électrique le plus vendu aux États-Unis, a été abandonné fin 2024 faute de volumes suffisants. Le constructeur a également annulé ses projets de pick-up électrique plein format de nouvelle génération et de fourgon Transit électrique de seconde génération.
La stratégie de Ford s’oriente maintenant vers une approche plus pragmatique. Pour le Lightning, l’idée consiste à intégrer un moteur thermique servant de générateur, tandis que son équipe “skunkworks” dédiée aux véhicules électriques se concentre sur la conception de voitures électriques modernes et abordables que les consommateurs seront réellement prêts à acheter. Le premier fruit de cette plateforme UEV sera un pick-up de taille moyenne dont le prix devrait avoisiner les 30 000 dollars et dont le lancement est prévu pour 2026.
Il serait surprenant que Ford investisse autant de ressources dans une plateforme électrique dédiée pour ne l’exploiter que sur un seul modèle. Bien que Jim Farley ne l’ait pas explicitement confirmé, les rivaux des Tesla Model 3 et Model Y qu’il évoque partageront très probablement cette même architecture. La question reste ouverte : Ford développe-t-il deux modèles distincts ou un seul véhicule capable de jouer sur les deux tableaux ? Ce qui est certain, c’est que la plateforme UEV peut accueillir plusieurs “top hats”, autrement dit différentes carrosseries.
Lors d’un entretien accordé l’année dernière, le patron de Ford a d’ailleurs refusé de commenter la possibilité qu’un nouveau Mustang Mach-E bénéficie du traitement UEV. “J’ai beaucoup d’idées sur ce sujet, mais je ne suis pas prêt à en parler”, avait-il simplement répondu. Cette déclaration laisse la porte ouverte à de nombreuses interprétations et alimente les spéculations sur les futurs modèles que Ford pourrait décliner sur cette base technique.
Quels que soient les noms et les styles de carrosserie retenus pour ces futurs modèles, vous pouvez vous attendre à ce qu’ils embarquent des batteries lithium-fer-phosphate (LFP). Ford a d’ailleurs fait ce choix technologique pour son pick-up électrique de taille moyenne à venir. Cette chimie présente plusieurs avantages significatifs que vous devez connaître si vous envisagez l’achat d’une électrique :
Ce dernier point représente le principal compromis de cette technologie. Les batteries LFP stockent moins d’énergie pour un même volume qu’une batterie nickel-manganèse-cobalt (NMC), mais leur robustesse et leur prix compétitif en font un choix judicieux pour des véhicules positionnés sur le segment des électriques abordables. Tesla utilise d’ailleurs déjà cette chimie sur ses versions d’entrée de gamme des Model 3 et Model Y vendues en Europe et en Chine.
L’approche de Ford reflète une réalité que beaucoup de constructeurs ont dû affronter ces derniers mois : le marché des véhicules électriques ne progresse pas au rythme initialement anticipé, du moins aux États-Unis. Les consommateurs américains restent sensibles au prix d’achat, à l’autonomie réelle et aux capacités de remorquage, trois critères sur lesquels les électriques actuelles peinent encore à rivaliser avec leurs équivalentes thermiques ou hybrides.
La stratégie “tout électrique” que Ford avait initialement envisagée laisse donc place à une approche plus nuancée. Les hybrides permettent une transition en douceur pour les automobilistes réticents, les EREV offrent l’expérience de conduite électrique sans l’angoisse de l’autonomie, et les futures électriques abordables basées sur la plateforme UEV cibleront les acheteurs convaincus mais freinés jusqu’ici par des tarifs trop élevés. Ce positionnement diversifié doit permettre à Ford de toucher différents segments de clientèle tout en continuant à développer son savoir-faire en matière d’électrification.
Si les dates de commercialisation restent floues pour ces rivales des Tesla, leur arrivée pourrait rebattre les cartes sur le marché américain des berlines et SUV électriques compacts. Ford dispose d’un réseau de distribution étendu et d’une image de marque solidement ancrée aux États-Unis, deux atouts non négligeables face à Tesla. Reste à savoir si le constructeur parviendra à proposer un rapport qualité-prix-autonomie suffisamment attractif pour séduire une clientèle habituée aux standards établis par Elon Musk.
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