Subaru abandonne ses voitures électriques : retraite stratégique ou aveu d’échec ?
Subaru vient d’annoncer l’abandon sine die de son programme de véhicules électriques développés en interne. Plus de date cible, plus […]
Sommaire
Honda s’apprête à commercialiser sa nouvelle citadine électrique Super-N sur le sol européen. Inspirée des mythiques kei cars japonaises, ce petit véhicule urbain affiche un caractère bien trempé et un positionnement tarifaire attractif. Vous pourrez l’admirer chez nos voisins britanniques dès cette année, mais les automobilistes français devront patienter. Retour sur un lancement qui interroge autant qu’il séduit.
La Super-N puise directement son inspiration dans l’univers des kei cars, ces micro-citadines qui règnent sur les rues japonaises depuis des décennies. Honda n’a d’ailleurs pas caché ses références en rendant hommage à l’iconique City Turbo II des années 80, un modèle culte pour les amateurs de la marque. Cette filiation assumée se retrouve dans les proportions compactes du véhicule et son approche centrée sur l’agilité urbaine plutôt que sur les performances brutes.
Sous le capot, ou plutôt dans le châssis, la citadine embarque un moteur électrique disponible en deux variantes de puissance. La version de base développe 47 kW, tandis que la déclinaison supérieure grimpe à 70 kW. Des chiffres qui peuvent paraître modestes sur le papier, mais qui correspondent parfaitement à l’ADN d’une voiture pensée pour circuler en environnement urbain dense. Question autonomie, Honda annonce 320 km selon le cycle d’homologation, une donnée suffisante pour couvrir largement les trajets quotidiens sans générer d’angoisse de la panne.
Là où Honda se distingue des autres constructeurs sur ce segment, c’est dans sa volonté affichée de privilégier les sensations au volant. La marque japonaise a intégré un mode « BOOST » destiné à rendre les accélérations plus franches lorsque vous en ressentez le besoin. Ce système s’accompagne d’une transmission simulée à sept rapports virtuels, une technologie qui peut sembler anecdotique mais qui vise à recréer l’expérience d’une boîte de vitesses traditionnelle.
Le constructeur va même jusqu’à proposer un système baptisé Active Sound Control, capable de reproduire artificiellement le son d’un moteur thermique. Une initiative qui divisera probablement les futurs propriétaires entre ceux qui y verront une touche nostalgique bienvenue et ceux qui préféreront le silence caractéristique des véhicules électriques. Reste à savoir si ces gadgets technologiques trouveront vraiment leur public dans un contexte de circulation urbaine où la discrétion acoustique constitue généralement un avantage.
Visuellement, la Super-N ne laisse personne indifférent. Ses lignes cubiques et sa silhouette haute et large rompent avec les codes esthétiques habituels des citadines électriques européennes. Cette approche design fait directement écho aux kei cars nippones, qui privilégient l’optimisation de l’espace intérieur dans un gabarit extérieur contenu. Le résultat donne une petite voiture au caractère affirmé, loin des formes arrondies et consensuelles que l’on retrouve généralement sur ce segment.
L’habitacle poursuit cette logique ludique avec des touches lumineuses et des clins d’œil assumés à l’héritage Honda. L’ambiance intérieure se veut résolument moderne tout en célébrant le passé de la marque. Les futurs conducteurs britanniques découvriront un univers visuel qui tranche avec la sobriété parfois excessive des véhicules électriques concurrents.
Sur le plan tarifaire, Honda frappe fort avec un positionnement sous les 20 000 livres sterling au Royaume-Uni, soit environ 23 000 euros à la conversion actuelle. Ce tarif place la Super-N dans une fourchette accessible pour une citadine électrique, surtout face aux prix souvent prohibitifs pratiqués sur ce marché en 2025. Pour vous donner une idée comparative, voici comment se positionnent quelques concurrentes sur le segment des petites électriques urbaines :
| Modèle | Prix d’entrée approximatif | Autonomie WLTP | Puissance |
|---|---|---|---|
| Honda Super-N | 23 000 € | 320 km | 47-70 kW |
| Renault 5 E-Tech | 25 000 € | 300-400 km | 90-110 kW |
| Peugeot e-208 | 34 000 € | 362 km | 100 kW |
| Fiat 500e | 29 000 € | 320 km | 87 kW |
Voilà où le bât blesse pour les automobilistes français : la Super-N ne figure pas au catalogue hexagonal pour le moment. Cette absence s’explique principalement par des raisons pragmatiques. Le Royaume-Uni partage avec le Japon une caractéristique technique essentielle : la conduite à droite. Cette similitude facilite grandement l’importation et la commercialisation du modèle sans modifications majeures de l’architecture du véhicule.
Adapter la Super-N pour les marchés européens continentaux nécessiterait une refonte complète du poste de conduite, un investissement que Honda n’a visiblement pas jugé prioritaire dans sa stratégie de déploiement. Cette décision interpelle d’autant plus que le marché français des petites voitures électriques abordables connaît une dynamique positive, comme en témoigne le succès rencontré par la Renault 5 électrique depuis son lancement. Les constructeurs qui proposent des modèles compacts à des tarifs maîtrisés rencontrent un accueil favorable auprès d’une clientèle urbaine en quête d’alternatives crédibles aux thermiques.
La question reste ouverte concernant une éventuelle commercialisation française ultérieure. Honda pourrait reconsidérer sa position si les retours britanniques s’avèrent positifs et si la demande se manifeste clairement sur d’autres marchés européens. Les caractéristiques techniques de la Super-N correspondent pourtant parfaitement aux besoins d’une clientèle urbaine française :
Pour l’instant, vous devrez vous contenter d’observer cette sympathique japonaise de loin, à moins d’envisager un déménagement outre-Manche. La stratégie de Honda privilégie une approche progressive, testant d’abord la réception du modèle sur un marché où les barrières techniques sont minimales. Si la Super-N trouve son public britannique et confirme son positionnement face aux concurrentes locales, rien n’exclut une extension vers d’autres territoires européens. Les amateurs de kei cars électriques français peuvent donc garder espoir, même si la patience sera de mise avant de pouvoir prendre le volant de cette petite Honda au caractère bien trempé.
Réagissez à l'article