Finalement, Volkswagen mise sur la normalité pour sa première Golf 100 % électrique
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Vous connaissez peut-être Polestar comme cette marque suédoise issue de Volvo, spécialisée dans les voitures électriques au design épuré. Mais préparez-vous à voir le constructeur sous un nouveau jour. La direction vient d’annoncer un virage stratégique : les futurs modèles seront résolument orientés vers la performance sportive, avec l’ambition assumée de rivaliser avec les divisions sportives des constructeurs allemands. Une déclaration qui intervient alors que la marque détenue par le groupe chinois Geely cherche à se démarquer sur un marché électrique de plus en plus concurrentiel.
Lors d’un événement organisé au siège de Polestar en Suède cette semaine, Michael Lohscheller, le PDG de la marque, a clairement exprimé cette nouvelle orientation. “Nous voulons davantage nous concentrer sur la performance, car c’est là que nous pouvons vraiment exceller à l’avenir, sur circuit, à l’accélération, mais aussi pour surpasser nos concurrents”, a-t-il déclaré devant un groupe de journalistes. Cette annonce s’inscrit dans une tendance plus large où plusieurs constructeurs créent ou renforcent leurs divisions sportives, à l’image de Genesis avec Magma, Hyundai avec N ou Toyota avec GR.
Polestar dispose déjà d’une dénomination pour ses versions les plus affûtées : BST, abréviation de “beast” (bête en français). Jusqu’à présent, cette appellation est restée confidentielle, appliquée uniquement à quelques séries limitées basées sur la Polestar 2. La Polestar 2 BST edition 230, par exemple, a démontré le potentiel de la marque en matière de modifications orientées circuit avec une suspension rabaissée, des freins renforcés et des pneumatiques plus mordants.
Le constructeur a même présenté le Concept BST en 2024, une version radicale et agressive du concept Polestar 6, laissant entrevoir ce que pourrait donner une gamme dédiée aux amateurs de sensations fortes. Le responsable de Polestar Australie a récemment laissé entendre que d’autres modèles BST étaient en préparation : “Je pense que nous devrions nous attendre à voir des améliorations BST sur une plus grande partie de la gamme”, a-t-il déclaré fin janvier au magazine CarSales, sans préciser quels modèles seraient concernés.
Le remplacement direct de la Polestar 2, attendu l’année prochaine et confirmé comme n’étant pas un crossover, constitue un candidat naturel pour recevoir le traitement BST. Cette berline électrique pourrait alors se mesurer aux versions M de la future BMW i3 ou à la variante AMG de la Mercedes Classe C électrique. Les modifications attendues suivraient probablement la recette classique des versions sportives :
La Polestar 5, dont le lancement est prévu cette année, représente une autre opportunité intéressante. Cette grande berline quatre portes pourrait accueillir une version BST destinée à défier la Porsche Taycan, qui reste actuellement la référence en matière de performances sur circuit pour une berline électrique quatre portes. Le format et le positionnement de la Polestar 5 en font une base idéale pour développer un modèle capable de rivaliser avec les meilleures sportives électriques allemandes.
Cette stratégie performance s’inscrit dans un plan plus large de renouvellement de gamme. Polestar prévoit de lancer quatre nouveaux modèles au cours des trois prochaines années, sa plus importante offensive produit depuis sa création en 2017. Cette multiplication des références lui permettrait d’adopter la stratégie éprouvée par BMW Motorsport et Mercedes-AMG : proposer une hiérarchie de versions de plus en plus sportives pour chaque modèle, avec au sommet une déclinaison extrême pensée pour le circuit.
Les chiffres de vente 2025 montrent que la marque a vendu un peu plus de 60 000 unités dans le monde, un record pour elle, mais qui reste modeste comparé aux géants du secteur. Dans un contexte où le marché des véhicules électriques connaît des hauts et des bas, avec des consommateurs encore hésitants face aux prix élevés et à l’autonomie parfois limitée, miser sur la performance et le plaisir de conduite pourrait représenter une voie de différenciation pertinente.
| Marque | Division sportive | Année de création | Modèles électriques sportifs |
|---|---|---|---|
| BMW | M GmbH | 1972 | iX M60, i4 M50, i5 M60 |
| Mercedes-Benz | AMG | 1967 | EQE AMG, EQS AMG |
| Porsche | – | – | Taycan Turbo S |
| Polestar | BST | 2023 | Polestar 2 BST (série limitée) |
Ce tableau illustre bien le défi qui attend Polestar. Les divisions sportives allemandes ont des décennies d’expérience et une réputation solidement établie. BMW M existe depuis plus de 50 ans, Mercedes-AMG depuis presque 60 ans. Ces marques ont construit leur légitimité sur les circuits et dans l’imaginaire des passionnés d’automobile. Polestar devra donc prouver que ses futures versions BST ne sont pas de simples exercices de style, mais de véritables machines capables de tenir tête aux références établies.
Si les intentions sont claires, les détails restent flous. Michael Lohscheller n’a pas précisé si tous les modèles Polestar gagneraient en dynamisme ou si seules certaines versions dédiées recevraient le traitement performance. La première Polestar 2 BST edition 230 n’avait d’ailleurs pas reçu de surplus de puissance par rapport à la version Performance standard, se contentant d’améliorations au niveau du châssis et des trains roulants. Cette approche pourrait évoluer avec les prochaines itérations, surtout si Polestar souhaite réellement concurrencer les versions les plus affûtées de BMW et Mercedes.
La question de l’autonomie se pose également. Les modifications sportives, notamment les pneumatiques plus larges, les jantes plus lourdes et l’augmentation de puissance, ont tendance à réduire l’efficience énergétique. Trouver le bon équilibre entre performances dynamiques et autonomie réelle sera crucial pour séduire les acheteurs potentiels. Les conducteurs de voitures électriques sportives acceptent généralement une autonomie légèrement réduite, mais pas au point de rendre le véhicule impraticable au quotidien.
Reste à voir si cette orientation performance suffira à relancer la dynamique commerciale de Polestar. Le pari est risqué : les versions sportives représentent généralement une part minoritaire des ventes, mais elles contribuent fortement à l’image de marque et attirent l’attention sur l’ensemble de la gamme. Si les futures BST tiennent leurs promesses sur circuit et offrent un réel agrément de conduite, elles pourraient bien transformer la perception de Polestar, passant du statut de marque de niche à celui de concurrent sérieux des divisions sportives établies. La première vraie démonstration de cette ambition devrait intervenir dans les mois qui viennent avec l’arrivée de la Polestar 5 et de son éventuelle déclinaison BST.
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