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500 000 batteries de voitures électriques analysées : voici les modèles qui vieillissent le mieux

Alexandra Dujonc

Vous vous demandez si la batterie de votre future voiture électrique va se dégrader aussi vite que celle de votre vieux smartphone ? C’est une inquiétude légitime, et elle revient systématiquement dans les conversations autour de l’achat d’un véhicule électrique. Une étude publiée en 2026 par la société Aviloo, spécialisée dans le diagnostic de batteries, vient apporter des réponses concrètes, chiffrées et particulièrement rassurantes. Sur la base de 500 000 tests de santé de batteries réalisés entre 2022 et 2026 sur 20 modèles populaires, les conclusions sont claires : les batteries électriques vieillissent globalement bien mieux que ce que beaucoup craignent.

Une méthode rigoureuse pour mesurer la dégradation réelle des batteries

Aviloo a collecté ses données sur plusieurs continents — Europe, Amérique du Nord et du Sud, Asie, Australie — ce qui donne à l’étude une portée vraiment internationale et représentative de conditions d’utilisation variées. L’indicateur utilisé est le taux de santé de la batterie (State of Health, ou SoH), qui mesure le pourcentage de la capacité utile d’origine encore disponible. Concrètement, un véhicule affichant un SoH de 95 % restituera environ 95 % de son autonomie initiale sur une charge complète.

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Pour chaque modèle, Aviloo a calculé la valeur médiane du SoH à trois seuils kilométriques précis :

  • 50 000 km : premier bilan à mi-vie pour beaucoup de véhicules d’occasion
  • 100 000 km : seuil psychologique souvent redouté par les acheteurs
  • 150 000 km : usage intensif, correspondant à plusieurs années d’utilisation quotidienne

Cette approche par médiane est pertinente : elle évite que quelques cas extrêmes ne faussent les résultats, et donne une image fidèle de ce que la majorité des propriétaires peuvent espérer.

L’Hyundai Ioniq 5 domine largement, les Tesla dans la moyenne basse

Le grand gagnant de cette étude est sans ambiguïté l’Hyundai Ioniq 5. Il s’impose à chacun des trois paliers kilométriques. À 50 000 km, son SoH médian dépasse les 97 %, ce qui le rapproche encore d’un véhicule neuf. À 100 000 km, il conserve plus de 95 % de sa capacité initiale. Et à 150 000 km, il reste à 93,79 %, un niveau remarquable pour un parc aussi large et aussi diversifié géographiquement.

D’autres modèles s’en sortent très bien, notamment :

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Les deux Tesla présentes dans l’étude, le Model Y et le Model 3, se retrouvent dans la moitié inférieure du classement. À 150 000 km, le Model Y affiche un SoH médian de 90,3 %, tandis que le Model 3 descend à 88,94 %. Ce n’est pas catastrophique, mais c’est sensiblement en retrait face aux meilleurs de la classe.

Les moins bons élèves restent le Renault Zoé, le Nissan Leaf de première génération et la Mini Cooper SE, tous sous les 88 % à 150 000 km. Ces modèles partagent un point commun : des batteries refroidies par air, une technologie moins efficace thermiquement que le refroidissement par liquide, désormais majoritaire. Leur petite capacité de batterie impose également plus de cycles de recharge pour parcourir la même distance, ce qui accélère mécaniquement la dégradation.

Ce que les chiffres ne disent pas : la dispersion des résultats peut être très large

Les médianes sont rassurantes, mais Aviloo va plus loin en publiant l’étendue des résultats couvrant 99 % des cas pour chaque modèle. Et là, les écarts deviennent significatifs. Pour vous donner une idée concrète :

ModèleSoH minimum (99e centile bas)SoH maximum (99e centile haut)
Tesla Model Y (150 000 km)82,9 %94,9 %
Tesla Model 3 (150 000 km)80,28 %94,53 %
BMW i4 (150 000 km)87,5 %96,9 %
Ford Mustang Mach-E (150 000 km)85,3 %96,1 %

Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs identifiés par Aviloo. Les recharges rapides fréquentes, les climats chauds, et le fait de laisser la batterie chargée à 100 % de manière prolongée sont autant d’éléments qui accélèrent la dégradation. À ces habitudes s’ajoutent des différences intrinsèques entre modèles : chimie de batterie, gestion thermique, logiciels embarqués. Comme le précise un représentant d’Aviloo : « Les constructeurs utilisent des chimies de batteries différentes avec des compromis différents, si bien que des habitudes de charge identiques peuvent produire des résultats très différents selon les modèles. » L’âge calendaire de la batterie, indépendamment du kilométrage, joue également un rôle non négligeable.

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Ce que cette étude confirme avant tout, c’est que perdre environ 10 % d’autonomie après 150 000 km représente un scénario réaliste pour la majorité des conducteurs. C’est loin de l’effondrement anticipé par certains. Si vous achetez une voiture électrique aujourd’hui, votre comportement au volant et à la borne de recharge aura autant d’importance que le modèle choisi pour préserver la longévité de votre batterie sur le long terme.

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