Honda abandonne son usine de voitures électriques à 10 milliards d’euros
Honda vient de tourner une page importante de sa stratégie électrique. Selon un rapport du quotidien économique japonais Nikkei, le […]
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Le marché de l’occasion traverse une mauvaise passe en ce début d’année 2026, avec un recul qui commence à ressembler à autre chose qu’une simple correction conjoncturelle. Pourtant, au milieu de ces chiffres moroses, une motorisation affiche une santé remarquable : la voiture électrique d’occasion progresse à un rythme que peu d’observateurs anticipaient, avec une hausse de 62,4 % en avril 2026. Voici ce que ces données révèlent vraiment sur l’état du marché et sur ce que vous pouvez en attendre si vous envisagez d’acheter ou de vendre un véhicule d’occasion.
Les chiffres d’avril 2026 sont sans appel : 429 519 véhicules d’occasion immatriculés en France, soit une chute de 10,9 % par rapport à avril 2025. Sur les quatre premiers mois de l’année, le repli s’établit à 4,8 %, avec 1 770 436 immatriculations cumulées. Ce n’est plus un trou d’air passager. Le marché de la seconde main français encaisse l’un de ses pires démarrages depuis 2022, et la comparaison avec avril 2019 — avant le Covid — est encore plus parlante : -15,9 % par rapport à cette période de référence.
Plusieurs facteurs se combinent pour expliquer cette situation. Le pouvoir d’achat des ménages reste sous pression, les taux de crédit auto demeurent élevés par rapport aux standards historiques, et le prix moyen d’un véhicule d’occasion s’établit à 30 212 € en avril 2026, selon AutoScout24. Ce chiffre est en baisse de 6,2 % sur un an — une bonne nouvelle relative — mais il reste 32,2 % au-dessus des niveaux de 2019. L’accessibilité financière reste donc le nœud du problème pour une large partie des acheteurs potentiels.
Dans ce contexte morose, les véhicules électriques d’occasion (VEO) font figure d’exception. En avril 2026, ce sont 26 182 immatriculations enregistrées, contre 16 123 un an plus tôt. La part de marché du 100 % électrique atteint 6,1 % sur l’occasion, contre 3,3 % en avril 2025. Il faut garder les pieds sur terre : le tout-électrique reste largement minoritaire sur la seconde main, derrière le diesel (39,8 % de part de marché) et l’essence (37,3 %). Mais la trajectoire est claire, régulière, et la progression en volume est difficile à ignorer.
Ce qui frappe davantage, c’est le contraste avec les motorisations thermiques. Le diesel, malgré sa première place, voit ses volumes chuter de 21 % sur un an. L’essence recule quant à elle de près de 14 % en volume. Des baisses qui, dans un marché global déjà en contraction, constituent un double effet négatif pour ces segments. À mesure que les stocks de véhicules électriques d’occasion se densifient — notamment via les retours de leasing et les flottes d’entreprise — leur présence sur le marché de la seconde main va mécaniquement continuer à progresser.
Le phénomène est particulièrement marqué sur les véhicules récents. Dans la tranche des 2 à 5 ans d’âge, les modèles électriques affichent une progression de 73,2 % et représentent désormais près de 19 % du segment. Cette tranche d’âge est stratégique : elle correspond aux véhicules issus de premières mains récentes, de retours de leasing longue durée ou de flottes d’entreprise qui renouvellent régulièrement leurs parcs. Ces voitures arrivent sur le marché dans un état souvent satisfaisant, avec des batteries qui ont rarement subi d’usure excessive, et à des prix nettement inférieurs au neuf.
C’est précisément là que vous trouverez le meilleur rapport qualité/prix si vous souhaitez passer à l’électrique sans payer le prix fort. Un modèle comme la Peugeot e-208 ou la Renault Mégane électrique, acquis en seconde main dans cette tranche d’âge, peut représenter une économie substantielle par rapport à son prix catalogue neuf, tout en offrant une autonomie réelle et des technologies encore pleinement actuelles.
Le classement des modèles les plus demandés confirme que le marché se structure autour de quelques références bien établies, avec des dynamiques de croissance très variables selon les modèles :
| Modèle | Ventes — Avril 2026 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Renault Zoé | 2 636 | +27,04 % |
| Peugeot e-208 | 2 301 | +71,59 % |
| Fiat 500e | 1 405 | +31,68 % |
| Tesla Model 3 | 1 358 | +2,88 % |
| Dacia Spring | 1 337 | +101,96 % |
| Renault Mégane électrique | 1 277 | +196,98 % |
| Renault Twingo électrique | 947 | +67,91 % |
| Tesla Model Y | 888 | +55,52 % |
| Peugeot e-2008 | 826 | +81,14 % |
| Hyundai Kona électrique | 809 | +80,58 % |
| Total | 26 182 | +62,4 % |
Deux progressions méritent qu’on s’y arrête. La Dacia Spring double littéralement ses volumes, portée par son positionnement tarifaire très agressif sur le marché de l’occasion — comptez souvent moins de 10 000 € pour un exemplaire de quelques années. La Renault Mégane affiche quant à elle +197 %, ce qui traduit l’afflux massif de premières immatriculations réalisées entre 2022 et 2024 qui reviennent maintenant sur le marché secondaire. Ces chiffres ne sont pas le fruit d’un engouement spontané, mais bien d’une mécanique de marché prévisible et en cours d’installation.
Si vous hésitez encore à franchir le pas vers l’électrique, le marché de l’occasion vous offre aujourd’hui un terrain de jeu nettement plus fourni qu’il y a deux ans. Les offres se multiplient, les prix baissent progressivement, et la concurrence entre vendeurs commence à jouer en votre faveur. Quelques points à garder en tête avant de signer :
Le fait que les ménages aux budgets contraints se tournent vers les véhicules de plus de 16 ans — qui résistent mieux que toutes les autres catégories sur le marché de l’occasion — illustre bien les tensions actuelles. La poussée de l’électrique d’occasion est réelle et structurelle, mais elle ne concerne pas encore l’ensemble des profils d’acheteurs. Reste que l’offre croissante et la baisse graduelle des prix devraient progressivement élargir l’accès à cette motorisation, y compris pour des budgets plus modestes dans les mois à venir.
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